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13 octobre 2006

Dans la cour d’école

Steve fut le premier à amener un couteau à la cour d’école. Il était encore tout jeune. Mais c’était pour se protéger du gros Nicolas qui venait d’arriver. Il ne le montra pas immédiatement, le garda caché.

Puis il y eut une chicane générale entre les « copains ». Elle dura longtemps. Deux gangs se formèrent. Même si Steve avait tenté de rester en retrait le plus possible, il éclata lorsque le petit Mathieu lui pris son sac d’école et répandi son contenu à tout vent en allant même jusqu’à piétiner son bricolage de fête des mères. Après avoir tenté de ramasser du mieux qu’il pouvait ses choses, Steve suivit Mathieu dans une ruelle et planta son couteau dans une cuisse.

Jamais aucun des garçons ne raconta ce qui c’était passé, pas même Mathieu qui inventa une histoire « d’attaque sournoise sans raison par des plus grands » qu’il n’avait pu identifier. Toutefois, maintenant tous savaient maintenant que Steve portait un couteau.

Quelques semaines plus tard ce fut Nicolas qui commença à en porter un… et pendant de longues semaines tous furent certains qu’une bataille sanglante allait éclatée entre les deux grands rivaux tellement la tension avait montée au cours des derniers mois… surtout depuis l’incident avec Mathieu. Mais non, au contraire, c’est comme si un équilibre des forces, un respect mutuel était maintenant né entre eux.

Plus tard, il avait été tout naturel pour Pierre et William de les imiter dans cette bravade à couteau caché.

Au fil des années, une poignée de jeunes joignirent progressivement le groupe sélect de ceux osant porter un couteau. Ce qui causa bien de l’inquiétude aux premiers initiés, et particulièrement à Steve, qui avait peur à chaque fois de voir sa position de dominance s’effritée, voir même disparaître.

Voilà pourquoi ils décidèrent tous de se réunirent quand ils eurent vent que Robby se proposait de s’en procurer un lui aussi.

Ils avaient averti cet énergumène « trop pauvre pour s’habiller comme les autres » que s’il amenait un couteau à l’école il aurait à subir des « conséquences ».

Mais voilà, Robby avait entendu parler de l’incident de Steve avec Mathieu et savait que Steve aimait que les choses fonctionnent à sa manière. De plus, Robby connaissait malheureusement trop bien ses propres limites et savait bien qu’il n’avait pas le charisme pour acheter la tranquillité qui lui permettrait de passer à travers son secondaire. Le couteau était là pour tenir les indésirables tel Steve à l’écart le temps qu’il puisse grandir et prendre un peu d’assurance. De toute manière, il n’avait pas grand chose à perdre, et de plus, ne voulait-il pas faire que ce que déjà plusieurs se donnaient le droit de faire.

Alors il fit fi des menaces du groupe et sans que les autres ne le sachent, il s’équipa.

Un matin, sous le leadership de Steve, les « porteurs de couteaux » se réunir et planifièrent une attaque surprise après l’école sur Robby… sans se douter de ce qui les attendaient. Car Robby se sentant acculé au pied du mur s’était procuré un fusil qu’il portait dorénavant toujours sur lui… juste au cas.

8 octobre 2006

J’ai l’air d’un ingénieur!

Hier j’étais dans un magasin de grande surface en train de finaliser un achat lorsque la dame me demande:

« Êtes-vous ingénieur? Car vous avez l’air d’un ingénieur…! »

WOUOW!

Comment ça j’ai l’air d’un ingénieur? C’est supposé avoir l’air de quoi un ingénieur…? L’air intelligent, pas beaucoup de cheveux, avec des lunettes?! Alors, je suppose que oui: j’ai l’air d’un ingénieur.  Au moins, elle ne m’a pas « traité » d’air de scientifique… La différence entre les deux doit être que l’ingénieur à l’air plus cool, plus rigolo… en tous les cas moins « nerd ».

Il va sans dire que l’interpolation (non, ce n’est pas une faute) de la vendeuse m’a un peu ébranlée. Après en avoir parlé à ma conjointe, celle-ci me confirme avoir eu des cours avec des ingénieurs durant ses études et 1) effectivement ils partagent majoritairement un « petit quelque chose » et 2) j’aurais ce petit quelque chose. Je ne savais pas si je devais m’en réjouir ou être déprimé.

Je lui demande ce qu’est ce petit quelque chose avant de trop m’en faire. Ça ne serait pas tant une question de « look », mais plus une question d’attitude: « intelligence assumée, confiance en soi, plein d’humour… pas comme les gens en administration qui eux se prennent pour d’autres »… bref plein de belles choses. C’est ce que j’ai bien voulu retenir toutefois.

Avant de faire l’exercice moi même avec d’autres métiers et professions, je me suis demandé si c’était correct de faire de tels portraits et de telles généralisations. Je crois que oui.

Il est normal que chaque travail requière certaines aptitudes et certains talents. Chaque profession et métier appelle un certain profil d’individu. On n’a qu’à penser aux fameux « orienteurs » qui très jeune nous annoncent qu’on est destiné à devenir ballerine, même si on n’a jamais dansé de sa courte vie. Bien sûr, comme pour le profilage ethnique, il ne faut pas généraliser lorsqu’on se retrouve devant un individu, mais devant la masse, c’est le but de l’exercice.

Et vous, connaissez vous des métiers ou professions, dont les membres sont facilement identifiables?

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