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15 septembre 2007

Montréal, Stade Olympique, 14 septembre 2007 – Genesis

Il s’agit du premier spectacle d’une série de trois… Un alignement de planètes qui n’arrive qu’une seule fois dans une vie. Trois des groupes les plus importants de mon enfance… de mon adolescence… depuis le début de mon existence serait-il plus juste de dire, sont à Montréal cette fin de semaine, et ce, par un pur hasard. Trois groupes qui ont en commun de faire (au moins à temps partiel) de la musique un peu plus complexe que la moyenne, de la musique intense, … du progressif (ou « prog » pour les connaisseurs et malheureusement ceux-ci étaient perdus dans la foule du stade ce vendredi…).

Donc… vendredi soir: Genesis, les dinosaures hybrides (mi prog/mi pop) de retour dans le cadre d’une tournée de seulement quelques villes choisies sur le volet. Je dois être honnête et vous dire d’entrée de jeu que des trois groupes en question, c’est assurément ce groupe qui est le plus « derrière moi ». Est-ce pour cela que j’ai trouvé le spectacle correct sans plus? Peut-être en partie… Mais assurément plus à cause de l’audience! J’y reviens ne vous inquiétez pas.

Techniquement, le spectacle est sans reproche. La scène est spectaculaire, les éclairages et l’écran (aller voir sur Internet) tout à fait originaux, recherchés et efficaces et les musiciens sans reproches. Mais alors…. Quel était le problème?

Un des problèmes, c’est qu’il n’y a que Phil Collins qui se démène pour que le courant passe. Bien entendu, on ne peut demander à Tony Banks de bouger autre chose que ses mains, ni même de sourire, il ne l’a jamais fait en 40 ans… (si jamais un des 34 000 incultes qui assistaient au concert lit cet article, il s’agit du claviériste, celui qui était assis… sur scène… durant tout le spectacle). Mais on s’attendait à plus de « façon » de M. Rutherford et à plus de chimie entre les musiciens.

Mais la source ultime du manque de complicité (et je ne parle pas ici de bruit) entre la foule et les musiciens, et j’ai semé un indice en les surnommant de dynosaures « hybrides », c’est qu’au fil des ans, Genesis qui a connu de plus en plus de succès populaires grâce à des hits et en se créant un répertoire hybride, s’est également créé un public hybride. Certains étaient venus vendredi écouter principalement les pièces longues plus complexes et d’autres étaient là pour danser aux sons des succès radio…

Il était évident hier soir que Genesis tentait de plaire aux deux groupes, mais malheureusement ainsi cassait à tour de rôle le rythme de chacun. La séquence des pièces était un foullis, du moins pour un fan du catalogue complet comme moi. Pas de belle progression, juste une série de coïts interrompus…

Et cette foule inhomogène… Ouch!

Pas d’impact vous dites?

Après 45 minutes, j’avais les 2 pieds dans la bière et après 1h15, je ne pouvais m’asseoir dans le fond de mon siège qui lui aussi en était rempli. Sans compter les nombreuses danseuses « sur le party » et tous ces spectateurs dans la cinquantaine qui sortaient visiblement pour la première fois depuis plusieurs mois (années?!)! Ah oui!, j’oubliais de vous dire que j’avais un finalement pas si bon billet que ça, dans les premières rangées de la deuxième meilleure section du parterre… cordé serré serré à côté du maximum de gens possible pour qui Genesis à la résonance « party années 80″ et non « trame sonore de leur jeunesse ». Résultat: réponses décalées aux réactions du band et, ils ne nous le diront jamais dans leur grande politesse britannique, mais la pire foule de la tournée j’en suis convaincu.

Cette vague donc qui porte un groupe, qui nourrit une foule et qui la rend en parfait synchronisme avec les musiciens jusqu’à créer l’harmonique n’a pas eu lieu vendredi soir au stade. À la place, un gros party de défoulement d’ados quinquagénaires au son du bande d’école le plus cher de l’histoire.

Non, on ne m’y reprendra plus dans ces foules hybrides. Ce soir, je me dirige confiant au Centre Bell où a lieu la première ronde de la bataille entre Rush et IQ, tous les deux des monstres à une seule tête… et à des auditoires beaucoup plus homogènes… :-)

2 septembre 2007

Quétaino-débile!

C’est non avec un mélange de tristesse, de rage et de frustration (J’exagère à peine) que mes pires craintes ont été confirmées par l’article du 1er septembre de Hugo Dumas sur cyberpresse.ca intitulé « télé-classique »: les québécois sont on ne peut plus quétaines.

L’article nous rappelle que ce qui a fonctionné dernièrement à la télévision ce sont des séries basées sur des formules qui ont faits leurs marques: L’auberge du chien noir, Les poupées russes, Annie et ses hommes, les reprises des Belles histoires des pays d’en haut, Lance et compte, Casino, Virginie, Le banquier, le hockey du Canadien sur RDS et Bob Gratton.

Tout ce qui est moindrement original comme Tout sur moi, Legendre idéal, Les hauts et les bas de Sophie Paquin et La job a de la difficulté à trouver un public.

En fait tout ce qui dérange moindrement en dérogeant quelque peu de ses petites habitudes et tout ce qui demande le moindre effort (et c’est le cas de la nouveauté) semble être rejeté du revers de la main par le québébois moyen.

Dans un même registre, on n’a qu’à constater le contenu de la plupart des émissions de radio les plus écoutés pour se rendre compte de la minceur du contenu et de l’épaisseur des animateurs. Non, mais… une seule station qui ferait ce genre d’émission à contenu « à forte teneur pseudo-humoristique » pendant une couple d’années et on pourrait se pardonner collectivement, mais une kyrielle d’une telle production d’un tel contenu DEPUIS DES ANNÉES…!!! Il doit y avoir quelques cerveaux qui commencent à sécher quelques parts… À moins qu’ils étaient déjà secs?

Et que les auditeurs de ces émissions ne viennent pas me dire qu’ils sont à l’écoute de ces contenus hyper légers seulement  au moment où ils ont la tête pleine et qu’ils ont besoins de décompresser!  Je serais curieux de comparer le QI moyen des auditeurs du « retour à la maison » de CKOI à celui des auditeurs de Radio Canada où le contenu est plus informatif.

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Dans tout groupe et dans toute société, il y a des conformistes présent en très grande majorité et il y en a aussi en moins grand nombre des agents de changements, qui vont oser et qui vont souvent devoir nager contre le courant pour faire adopter de nouvelles pratiques. Alors que les premiers amènent de la stabilité dans la société et servent à empêcher le chaos, les seconds servent à son évolution, à la faire avancer. L’équilibre et l’avancement d’une société résultent du juste équilibre dans les effectifs de chacun des deux groupes.

Je ne sais pas si vous allez être de mon avis, mais quand je pense au surplace (pour ne pas dire le retour en arrière) que nous faisons en matière de culture populaire de masse et au débat sur les accommodements raisonnables, j’ai l’impression qu’il y a un déséquilibre dans entre ces deux groupes; nous cherchons peut-être un peu trop de stabilité.

Malheureusement, la terre continue de tourner pendant que nous nous complaisons dans nos facilités et nos peurs.  Comme dans la jungle, la lutte entre les peuples et les nations est féroce pour les ressources, naturelles et financières. Et notre rôle dans cette lutte continue de s’effriter alors que le combat se transpose sournoisement dans l’arène des grandes compagnies.

Nous avons la chance de faire partie d’une petite nation qui laisse encore beaucoup de pouvoir au peuple. La question est toutefois la suivante: est-ce que ce peuple a la maturité pour l’utiliser ou sa paresse (intellectuelle et physique) fera-t-elle que graduellement ce pouvoir sera perdu au main de ses voisins et des grandes corporations?

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