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31 mars 2009

Échappé laide

Malgré, ou peut-être PARCE QUE je suis psy, il semble que depuis quelques nuits j’aie à mon tour mis les deux pieds dans la folie (…).

Depuis Noël environ, ce bruit qui me hante la nuit et qui semble provenir du lit ou de nul part… peut-être de ma tête…

Au début, tout naturellement, je cherchais sa provenance. Mais maintenant je sais que le son vient de mon imaginaire.

Les premières fois, j’avais réveillé ma conjointe pour que nous cherchions ensemble sa source, mais à chaque fois le bruit s’était tu.

Elle disait que je travaillais trop. C’est vrai. Mais pas au point d’expliquer ces hallucinations. J’allais devoir commencer la médication.

Après plusieurs nuits passées aux sécateurs, mes journées sont devenues des cauchemars. Les médicaments ne marchent pas. J’hallucine encore.

Ma conjointe me sait maintenant fou. Je crois qu’il n’y a plus rien à faire… Il suffit tellement de peu pour faire basculer une vie…

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Mon conjoint s’est suicidé… une surdose de médicaments. Je n’aurais jamais dû le laisser les prendre. C’est ma faute…

Épilogue.

Robert à son frère: « Tu veux qu’on fasse à maman cette nuit la blague des voix dans le matelas avec nos radios portatives? »

« Non, maman va nous poigner elle. C’est pour ça qu’avec papa, on arrêtait chaque fois qu’elle se réveillait, tu te rappelles…? »

FIN

13 janvier 2009

L’envahisseur – Première partie (Reprise)

La première action de Bernadin en cette chaude matinée du mois d’août fut de se précipiter dans son jardin, qui était situé tout juste derrière sa maison, afin de vérifier l’état de ”la chose”. Il était encore vêtu de son pyjama, et à jeun de café, mais ne pouvait attendre tant la situation l’obsédait. Débout devant, il l’observait avec découragement en grommelant. Le monstre avait encore grandit, lui semblait-il.

L’arbuste qu’il avait planté là avec Adolphine le jour de leur dixième anniversaire de mariage, il y avait de ça trente ans, connaissait une croissance subite et anormale depuis quelques jours. Il lui semblait que l’arbuste avait maintenant la moitié de la hauteur de leur maison et prenait le quart de la cour arrière. Pour pouvoir sortir de sa maison, le vieil homme avait même dû repousser plusieurs branches de ce qui était maintenant devenu un arbre.

“Adolphine!” s’écria-t-il paniqué en ressentant un besoin urgent de transférer un partie de son angoisse sur quelqu’un. Sans lui laissé le temps de sortir, ni même de répondre, il l’appela à nouveau: “Adolphine!”

Adolphine sortie. Beaucoup plus tard toutefois, soit seulement après s’être convenablement vêtu, après avoir pris son petit déjeuner et après avoir pris le temps de se maquiller, même si ce n’était que légèrement. Non pas que la situation actuelle, avec cet envahisseur dans sa cour, ne l’énervait pas, bien au contraire. Mais elle jugeait qu’elle devait avant tout continuer à vivre normalement et donc à faire ce qu’elle avait à faire avant de s’inquiéter. Bernadin lui s’inquiétait pour deux et n’avait cessé de tempêter entre deux “Adolphine!” jusqu’à ce qu’enfin celle-ci apparaisse entre les branches.

- “Tu aurais pas pu venir avant!”, lui lança-t-il brusquement.

- “Je n’étais pas prête. Et puis, tu ne t’es pas vu l’allure?! Tu n’aurais pu au moins t’habiller…!”

- “M’habiller??! C’est toi qui n’a pas les priorités à la bonne place. Tu as vu ce qu’il est devenu?! Si ça continue comme ça demain on aura plus de maison!”

- “Je savais bien qu’on aurait dû intervenir avant. Tu aurais dû me laisser faire comme je le proposais.”, lui répondit-t-elle calmement. “Bon rentre t’habiller, je sors le sécateur et je m’en occupe.”

- “Le sécateur?! Mais t’es folle ma vielle. On sait même  pas c’est quoi?. C’est peut-être un être intelligent. C’est peut-être armé!… On devrait plutôt appeler la police.”

- ” La police…! Pour leur dire quoi? “Allo, monsieur l’agent. Il y a un arbuste qui pousse trop vite dans ma cour et je crois qu’il est armé. Venez vite, il vient de prendre ma femme en otage…” “ – “Et c’est moi qu’il traite de folle”, ajouta-elle en riant.

Bernadin commençait à montrer des signes évidents d’impatience. Il était rouge comme une tomate et faisait les cent pas dans ce qui leur restait de jardin.

- “Mais voyons! Tu vois bien que c’est pas normal. On a jamais vu ça un arbuste croître si rapidement.”

- “Qu’est-ce que t’en sais?”

Bernadin n’en pouvait plus du calme de son épouse et devait rapidement lui faire voir l’évident danger.

- “Attends-moi… Bouge-pas. Surveille la chose. Je m’en vais voir sur Interweb comme qu’il dise. Il paraît qu’on trouve tout là dessus.”

Adolphine le regarda en riant se frayer un chemin vers la maison.

Après deux minutes de paix, Adolphine entendit son vieux lui crier depuis la maison des injures qui ne se rendirent heureusement pas à ses oreilles.

Trois minutes plus tard, Bernadin ressortit, toujours en pyjama, l’air de quelqu’un à qui il lui manque décidemment son café.

- “Il est ou notre Interweb? On n’a tu ça au moins?!”

 - “T’es déconnecté, c’est le cas de le dire! Tu sais même pas c’est quoi hein? En passant, on dit “Internet” et ça prend un ordinateur pour accéder à ça. Et non, on n’en a pas!” Elle ajoute: “Là tu va rentrer avec moi, je vais te préparer un bon café pendant que tu vas t’habiller, et pendant que tu vas le boire, je vais m’occuper de ça”, dit-elle en pointant l’envahisseur.

À suivre.

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