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29 mai 2008

« Piège à geeks »

Je vais vous dévoiler l’un des drames les plus méconnus de notre société occidentale: l’exploitation commerciale des geeks, principalement à partir de leur talon d’Achille, c.-à-d. leur syndrome de complétude.

Avant d’élaborer sur ce phénomène que je connais très bien et qui pourrait faire l’objet sans aucun doute d’un recours collectif, rappelons brièvement ce qu’est un geek.

Selon Wikipedia (en anglais): geek « is a slang term, noting individuals as « a peculiar or otherwise odd person, especially one who is perceived to be overly obsessed with one or more things including those of intellectuality, electronics, gaming, etc. » »

Donc, un geek serait un individu marginal qui est obsédé par une activité de nature principalement intellectuelle, sa marginalité résultant de son obsession (ma définition). 

Bien qu’il existe plusieurs saveurs de geeks, pour illustrer mon propos, laissez-moi prendre pour exemple l’amateur de super-héros et de tous ses produits dérivés, incluant bien entendu le magazine mensuel de bandes dessinées (« comics »). 

Il est premièrement important de comprendre que le geek s’émancipe dans un univers virtuel, qu’il soit informatique, littéraire, ou de jeux par exemple, parce qu’il se croit ou est effectivement très souvent inadéquat dans ses interactions sociales. L’amateur de super-héros se réfugie donc dans un univers où il peut s’associer à un ou des personnages et fantasmer sur des situations qui lui serviront d’échappatoire.

A cet effet, les univers des super-héros, qui sont des mondes virtuels sauf pour le fan geek, pour qui il ne s’agit que de mondes parallèles qu’il habite à temps partiel, ces univers donc ont été construits sur mesure pour lui afin 1) qu’il puisse s’y associer facilement et 2) qu’il ne s’y sente pas menacé. 

Par exemple, l’alter-ego du super-héro lui ressemble très souvent: il est très imparfait, porte des lunettes, réussit très bien quant aux tâches intellectuelles, mais est souvent inadéquat socialement. Très important: il n’acquiert jamais ses pouvoirs par l’entraînement physique. S’il n’est pas un super-héros du fait d’une conjoncture spatio-temporelle (heu..hhum..), il aura acquis ses pouvoirs par la science. Évidemment, le geek maîtrise habituellement mieux les concepts scientifiques que les haltères et les disciplines sportives.

Avant de littéralement tomber dans le vif du sujet, c.-à-d. le « piège à geeks », mentionnons brièvement que le rôle de la femme dans l’univers des super-héros a évolué au fil des années, parallèlement à la compréhension, toujours un peu décalée qu’en a le geek. Mentionnons qu’il y a également de plus en plus de filles geek. Il y a donc un tout nouveau marché à saisir. J’y arrive bientôt.

Les auteurs étant des geeks eux-mêmes, les références directes ou indirectes aux univers d’intérêts des geeks (magie, époque médiévale, technologie, littérature, etc.) sont nombreux dans les univers DC et Marvel qui sont probablement les deux générateurs d’héros en collant les plus connus et les plus populaires. En passant, les univers des super-héros sont consommés par des geeks (ou des enfants), sont réalisés par des geeks et sont même vendus par des geeks. On s’assure ainsi qu’il n’y a aucune pollution dans le processus et que le geek se sent à l’aise de bout en bout.

Les produits dérivés des super-héros étant donc réalisés par des geeks pour des geeks, on se dit qu’il ne peut y avoir d’exploitation ou abus. C’est oublier que le geek est habituellement inapte socialement justement parce qu’il a de la difficulté à comprendre les enjeux psycho-sociaux. Comment alors pourrait-il voir clair dans un jeux dans lequel il est lui-même le héro!

Certains geeks, pour ne pas dire la plupart, souffre de ce que j’ai baptisé le syndrome de complétude, qui est une forme d’obsession. Il en résulte qu’un geek aime habituellement non seulement collectionner, c.-à-d. amasser des objets semblables faisant partie d’une série, mais il veut de plus posséder l’ensemble complet des éléments de la série. Vous pouvez donc être certain que les compagnies de « comics » comme Marvel et DC ont bien lu cette caractéristique de leur clientèle cible et l’exploite au maximum afin d’aller puiser le plus profondément possible dans les poches de gens qui sont à mon avis carrément malades.

Voyez par vous même comment toute la stratégie de vente des compagnies telles Marvel et DC est basée sur le syndrome de complétude des geeks:

  1. les comics sont numérotés (évidemment me direz-vous), permettant ainsi au consommateur de vérifier s’il les a tous;
  2. il y a des rééditions d’à peu près tous les comics populaires, permettant de ne pas décourager la complétion de la collection complète par la rareté de la première édition;
  3. après un certains temps, la numérotation de certaines séries est remise à « 1″ de manière à relancer les ventes et attraper de nouveaux consommateurs « geeks » qui auraient pu se laisser décourager devant l’éventualité de devoir posséder les 474 premiers numéros par exemple; 
  4. pour la même raison que précédemment, on lance régulièrement de nouvelles séries ayant comme personnage principal un héro populaire (Spider-Man, Batman, etc.). Attention, on fait référence juste assez souvent au titre principal (celui rendu au no. 474) de manière à attirer le lecteur vers cette autre série ou du moins à acheter les numéros référencés;
  5. Des numéros hors-séries sortent régulièrement (une fois par année environ chez Marvel) portant sur une histoire englobant plus d’un héro, et comprenant des ramifications dans plusieurs séries régulières. Par exemple, un amateur de Spider-Man verra son héro préféré impliqué dans une « guerre civile de super-héros » pendant plusieurs numéros. Il voudra évidemment savoir de quoi il en ressort en lisant tous les numéros hors-séries portant sur cette histoire en particulier. De plus, il verra sur les kiosques de magazines, une multitude d’autres titres connus faisant référence à cette même histoire et se dira qu’il serait intéressant d’avoir tous les numéro$ touchant de près ou de loin cette histoire hors-série. Par hasard, les compagnies de comics en profitent à chaque fois pour lancer une nouvelle série (voir point 4).
  6. De nombreux objets à l’effigie des héros (figurines, statuts, vaisselles, n’importe quoi) sont régulièrement mis sur le marché. Ces objets sont toujours vendus comme faisant partie d’une « série » comprenant un certain nombre d’éléments.  Bien que ces objets aient souvent l’air de jouets, ils sont numérotés et/ou mis sur le marché avec un tirage limité, de manière à passer pour des objets de collections (est-ce que je vous ai dit que « collection » rimait avec « ramasser toute la série si possible » pour le geek?).

En conclusion, je vous ai premièrement présenté une catégorie de personnes, les geeks, qui, à cause d’une intelligence sociale déficiente développe une pathologie que j’ai baptisé le syndrome de complétude. Je vous ai ensuite démontré comment ces gens sont l’objet de l’exploitation commerciale par des compagnies sans scrupule qui profitent de leur pathologie pour les lancer dans un puits de consommation.

L’exemple des geeks consommateur de comics de super-héros n’en est qu’un. Les amateurs de Donjons et Dragons en sont d’autres, tout comme les geeks technologiques, ou les amateurs de manga par exemple.

Y a-t-il de l’espoir? Très peu. Car, premièrement, il peut être aussi difficile pour un geek de se rendre compte du piège dans lequel il se trouve que pour un paranoïaque d’admettre sa maladie (Pensez-y tranquillement… L’analogie est très juste.). Ensuite, il faut s’en sortir. Et là, l’analogie avec l’attachement maladif pour une substance hallucinogène est de mise.

Non, le piège est facile et payant et les mouches sont nombreuses à être attiré par le collant jaune.

21 septembre 2007

Metro-boulot-Costco

Loin de la mainternelle qui guide

Ceux qui maintenant font écho

Pour trop de besoins, trop de vide

Font oui aux serviteurs de Péladeau

           

Scores, sondages et référendums

Juste au bon moment

Faire sortir le vote

Pour toi, qui hier encore, ignorait cet homme

            

Metro-boulot-Costco (bis)

R’met donc ça à d’main

Ton panier est pas encore plein

Metro-boulot-Costco (bis)

Tu peux pas, t’encore trop faim

Tu r’gardes tout c’qui’a ton voisin

          

Illusion du pouvoir

Un flash sur tes yeux

Pour mieux converger

Sur la star du mois… umm.. c’est mieux

Puis le cycle recommence

          

Redevenir inculte

Nourris par un projet déjanté

Tous refont la roue

Se mordant la queue

Ne pouvant voir tout éclater!

            

Metro-boulot-Costco (bis)

R’met donc ça à d’main

Ton panier est pas encore plein

Metro-boulot-Costco (bis)

Tu peux pas, t’encore trop faim

Tu r’gardes tout c’qui’a ton voisin

          

Triste fin pour ce monde de requins

Comment survivre sans petits poissons

Qui eux trop tard ont compris leur leçon

D’avoir répondu à la mauvaise faim

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