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17 novembre 2007

Tabous 4: Vous n’êtes probablement pas très intelligent

Je sais que ça ne se dit pas. Pourtant c’est vrai… Ne serait-ce que statistiquement, il faut se rendre à l’évidence, la grande majorité des membres de la société ne sont pas très intelligents.

Prenons comme référence la mesure du QI (quotient intellectuel). Bien qu’imparfait, ça tout le monde est d’accord là-dessus, nous conviendrons toutefois que cet indice mesure une certaine capacité d’analyse et de déduction. Par définition, le QI moyen est de 100. Cela signifie que la moitié des êtres humains sur cette terre ont un QI en deçà de 100! Si vous ne le savez pas, je vous l’annonce, ce n’est pas très élevé!

J’imagine l’un de mes concitoyens dont le QI est inférieur à 100 au volant d’une automobile et écoutant la radio. Équipé comme il est sous le chapeau, je conçois aisément qu’il soit incapable d’opérer le clignotant aux intersections.

Mais qu’est-ce que l’intelligence? Personnellement, j’aime bien la définition suivante qui est suggérée sur Wikipedia:

« l’intelligence est l’ensemble des fonctions mentales mobilisées pour l’analyse, la compréhension, et l’organisation du réel en pensées… »

Bien que les tests de QI puissent donner une indication relative des capacités cérébrales d’une personne, on ne peut s’en servir pour comparer deux individus.

Mais justement, est-il utile de comparer?

On sait vanter les mérites d’êtres qu’on qualifie de brillants. Puis comme par magie, tous les autres êtres humains sont placés dans le même groupe des gens « intelligents », mais sans plus. On n’ose jamais toutefois mentionner publiquement qu’un tel ou une telle nous semble limité intellectuellement. Et je ne parle pas ici des cas lourdement évidents. Je parle de monsieur ou madame tout le monde qui occupe un emploi, est autonome et a des relations normales.

C’est curieux en passant comment les être humains se refusent souvent à considérer des spectres continus et préfèrent souvent catégoriser. Plus souvent qu’autrement, la catégorisation est tertiaire. Ainsi, les gens sont soient beaux, laids ou ordinaires. Gros, minces ou normaux. Workholics, paresseux ou équilibrés. Très intelligents, retardés ou simplement intelligents.

En ce qui a trait à l’intelligence, je crois que la catégorisation tertiaire nous aveugle.

Je m’excuse, mais il n’y a pas que des génies, des handicapés intellectuels et les autres!

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Je vois personnellement quatre grandes sources de problèmes et de conflits dans notre sociétés: une première que je me suis promis de ne plus aborder, les problèmes psychologiques (envie, jalousie, etc.), la cupidité (pouvoir, argent) et notre méconnaissance quand à notre pauvreté en intelligence.

Curieusement, on met sur le banc des accusés régulièrement les trois premiers. Trop rarement, suite par exemple à une erreur, une catastrophe ou un drame, on pointe du doigt le manque d’intelligence du coupable ou du protagoniste.

Pourtant…

Parce que le sujet est tabou et que beaucoup trop de gens refusent de voir puis d’admettre leurs limites intellectuelles, ces gens prennent trop souvent des moyens qui dépassent ces mêmes limites. Il en résulte de nombreuses erreurs, une perte de production, des frustrations, des accidents, des drames, etc.

Malheureusement, contrairement à l’apparence physique qui saute aux yeux, les capacités cérébrales, elles, sont moins évidentes. Certains diront qu’elles sont même à peine moins subjectives. Nous ne pouvons, ni ne devrions nous juger les un les autres.

Que reste-t-il  alors pour remblayer le fossé qui sépare les ambitions de certains de leurs réels moyens (et pour la plupart même en deçà)?

Le secret ne serait-il pas de tenter de toujours repousser ses propres limites pour ainsi mieux les apprivoiser?

Mais comment faire justement pour muscler notre intellect? Il parait que le soumettre à des problèmes serait l’une des clés. Apprendre de choses nouvelles contribuerait également à lui donner un peu plus de tonus.

Pour faire une analogie avec la condition physique, ce sont toutefois malheureusement les gens déjà en forme intellectuellement qui font de tels exercices. Les autres, atrophiés du cerveau, ne savent même pas qu’ils « font de la bedaine ». 

Il est donc dommage qu’il ne se véhicule pas de préjugés aussi forts sur l’intelligence que sur l’apparence physique. De tels préjugés pourraient pousser certains vers le gym du cerveau.

En attendant, faites circuler ce blogue. Certains comprendront peut-être le message et fermeront au moins la radio au volant ou du moins peut-être y délaisseront le portable.

8 juin 2007

Tabous 3: Les riches, les pauvres et les autres

Depuis la nuit des temps, les hommes se distinguent et se regroupent par castes. On peut y chercher les essences régionales et contextuelles qu’on désire, il demeure qu’en finalité toute société se divise en les riches et les pauvres. Les riches contrôlant les moyens de production et surtout de communication, c’est donc eux qui ont le pouvoir. Il en fut ainsi il y a 3000 ans, il en sera de même très probablement dans 1000 ans.

Jusqu’à très récemment, il n’y avait pas de lutte de classes. Les riches ont très rapidement et depuis longtemps appris à jauger la zone de « contentement » des pauvres afin d’acheter la paix et l’ordre au moindre coût. Aussi, de nombreux mécanismes ont été mis en place par les riches pour que les pauvres maintiennent un état d’abnégation perpétuel; une espèce de « matrice » de subsistance dans laquelle l’espoir de rédemption et de paître un jour du côté du gazon vert apaise plus que les souffrances, mais également tout germe révolutionnaire.

La démocratie a chambardé tout ce bel ordre.

Premièrement, la démocratie favorise une plus juste distribution des richesses d’une société.  La démocratie… démocratise l’accès à la richesse. Il s’est donc créée une zone de transition entre les pauvres et les riches: la classe moyenne. Dans les sociétés passées et même actuelles, là où il n’y a pas (eu) de démocratie, il n’y a pas (eu) de classe moyenne.

Il résulte premièrement de l’apparition de cette classe moyenne, que ceux qui étaient pauvres hier et qui la peuplent aujourd’hui, armés de la libre expression qui accompagne la démocratie, ont brisé l’aura autour des riches. Ceux-ci ont été « démasqués » à la fois par ceux qui se disent de la classe moyenne et par les pauvres et ont été accusé à tord et à raison selon les acteurs, le milieu, ou les époques de corrompus, de croches ou de parvenus.

Une lutte entre les classes se joue donc actuellement pour la premièrement fois, et c’est entre la classe moyenne et les riches qu’elle se joue. Évidemment, car la classe moyenne est la prétendante à la richesse. Et cette richesse ne pouvant être créé en absolue, il n’y a pas de place pour tous au sommet.

Il va sans dire que cette lutte des classes se joue à toutes les échelles: dans un même pays entre citoyens riches et citoyens de la classe moyenne, entre villes (riches) et régions (moins riches), entre pays riches et pays en développement, etc.

Voilà pourquoi la classe politique, qui dans notre « démocratie » actuelle est contrôlée par les riches, est souvent silencieuse vis à vis la classe moyenne qu’elle ne veut en aucun cas promouvoir. La différence entre les membres de la classe moyenne et les pauvres est que ces premiers ont moins « faim », sont moins frustrées et sont donc plus facile à museler.

Mais si la nature humaine nous pousse naturellement à l’égoïsme et à la cupidité, il faut également se rappeler qu’elle a inscrit en nous des gènes très violents que nous avons su premièrement subir sauvagement, puis comprendre et apprivoiser. Malgré les bulletins de nouvelles omniprésents qui font fois du contraire, les statistiques démontrent que nous réussissons de mieux en mieux à mater la bête sauvage en nous.

Peut-être que des expériences fortuites ou tout simplement la sagesse feront bientôt replier notre cupidité derrière ses derniers tranchés.

Peut-être que certain bientôt seront fier d’avouer qu’ils sont riches puis partageront leur richesse et une part du pouvoir avec les leurs. Peut-être qu’avant d’entreprendre une grande révolution, nous participeront tous à faire tomber l’illusion qui maintient les pauvres hors de porté du vrai pouvoir. Peut-être que les gens de la classe moyenne vont commencer à choisir leur camps pour que le plus vite possible tombe un des plus grands tabous.

Que faudra-t-il finalement? Que la lutte des classes se transforme en lutte politique? Ou que tout simplement la cupidité de l’homme le pousse à contempler une nouvelle essence de sa propre mortalité?

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