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13 septembre 2008

La listériose, c’est-tu comme les araignées?

Les inspecteurs gouvernementaux (payés probablement en temps supplémentaires par les temps qui courent) qui chassent la listériose et autres bibittes si dangereuses qu’elles nous font revoir nos habitudes alimentaires (les bonnes comme les mauvaises), seraient-ils équipés que d’un seul filet et dont les mailles seraient trop serrées?

« Ok ! Ok! Y en a ici! On sonne l’alerte! »

Y en a combien?! Assez? Trop?

« Pas grave, j’en ai trouvé un tout ti-peu, c’est assez! On ferme cette fromagerie et appelle le Journal de Montréal! »

Attention, je vous le dit d’entrée de jeu, ici je ne m’y connais, mais pas du tout. Mais je me permets tout de même de vous faire part d’une de mes tant attendues hypothèses.

Quelques citoyens (la plupart déjà affaiblis par l’âge et certaines conditions de santé précaires) tombent malades et même meurt. On trouve la cause, une maladie bactérienne causée par une déficience hygiénique dans un des maillons célèbres de notre cycle alimentaire, devenu hyperindustrialisé. Jusque là, je n’ai encore rien théorisé je le sais, je n’ai que relaté la terrorie.

Maintenant, certains politiciens voulant capitaliser sur la fascination de certains pour l’intangible, fascinations qui dans ce cas est transformée en peur par la machine médiatique, ils déclarent la panique et empochent du même coup les intérêts d’un capital de mise de culotte avec ceinture et bretelles.

L’armada des inspections est lancé et l’alerte est sonnée dès qu’il y a trace ne serait-ce qu’homéopathique de listériose. Certains hauts et bas-fonctionnaires deviennent enfin utiles et notre gouvernement montre qu’il a bien la situation en main.

Pendant ce temps, une industrie, des commerces, des familles sont attaqués. On leur enlève le pain de la bouche en même temps que les fromages de la nôtre. La liste-mystériose s’allonge de plus en plus alors que la bactérie n’a probablement pas progressée depuis belle lurette dans la plupart des cas, seul le zèle des inspecteurs l’a fait.

C’est simple, j’aimerais qu’on arrête de nous dire simplement que la bactérie a été trouvée à tel ou tel endroit sans nous donner son avantage numérique et la quantité tolérable.

Il y a une différence entre voir des araignées et leurs toiles partout autour de la maison et en être infecté en grande quantité DANS la maison. Si les inspecteurs sonnent l’alarme dès que la bactérie est détectée alors qu’il semble être admis qu’il soit peu probable que la consommation d’un petit nombre de L. monocytogenes cause la maladie, je comprend pourquoi il ne semble pas y avoir de « pattern » géographique des sites où la maladie a été détecté depuis l’incident « Maple Leaf ».

Je suggère finalement que les équipes des Universités McGill et de Montréal ayant participé à la conception des filtres de détection d’événements pour le LHC (« Large Hadron Collider ») viennent prêter main forte aux inspecteurs en alimentation pour leur montrer comment détecter un évènement digne de ce nom. Que ceux qui sont spécialistes des bosons viennent en montrer aux bozos.

(La suite de L’envahisseur – Première partie devrait sortir sous peu. Vous savez, ce n’est pas facile de pondre des oeuvres littéraires d’une telle envergure…)

31 août 2008

Attention à l’idiot activité!

Des groupes de pression, certains écologiques, d’autres formés de simples citoyens inquiets, se dressent face à la décision d’Hydro-Québec d’aller de l’avant avec son projet de rajeunissement de la Centrale nucléaire de Gentilly 2.

Ayant probablement en tête des images de Tchnernobyl ou d’Omer Simpson échappant une grappe de combustible jaune fluo du bout des pinces (ou pire encore des enfants d’Hiroshima atteints de malformations multiples), ces prêcheurs de l’apocalyptique ne peuvent imaginer vivre avec une telle bombe à retardement sur leur territoire, doublée d’une source de pollution constante sur le terrain de jeu de leurs enfants… et de leur poissons.

Ayant travaillé pour la Centrale de Gentilly 2 depuis Montréal pendant 2 ans, et même sur place pendant quelques semaines, alors que je faisais partie d’un groupe d’analyse sur la sûreté de la centrale, je me permets ici de tenter de briser certains préjugés.

Permettez-moi premièrement de vous résumer ainsi la situation de la Centrale en ce qui à trait à sa sûreté: les réacteurs CANDU, comme celui se trouvant au coeur de la centrale de Gentilly 2, sont conçus de manière à ce que non seulement les probabilités d’accidents soient de faibles à nulles, mais, de plus, pour que, si par un coup de malchance survenait un bris quelconque, ou si on forçait son mal fonctionnement, il s’éteindrait de lui même. N’est-ce pas merveilleux! On est loin de Tchernobyl et de Three-Miles Island n’est-ce pas (, si je ne me trompe pas, il n’y a eu de toute manière aucune conséquence néfaste pour la population)?

Mais ce n’est pas tout. Alors que même les plus verts (ou les plus jaunes) des manifestants devant la Centrale sont déjà assurément en train de rouler leurs sacs de couchage devant mes explications, si rassurantes sont-elles qu’elles pourraient endormir un poupon sortant ses nouvelles dents, laissez-moi ajouter une couche de béton au bâtiment réacteur.

Au-delà du design ultra-sécuritaire des CANDU, il y l’utilisation qu’on en fait. Encore là, si rien n’a changé depuis mon départ, Hydro-Québec exploite la Centrale en utilisant des marges de sûreté bien, mais là vraiment, en deçà des limites qui pourraient forcer les systèmes de sûreté prévus à se déclencher (ce qui n’aurait d’ailleurs d’autre impact que d’interrompre la production pour quelque temps).

Si tout ça vous apparaît endormant, et bien c’est le cas. Il ne peut pratiquement rien arriver! En passant, le bâtiment est même conçu pour éviter le pire en cas d’impact d’un avion! Et des terroristes? Ils ne peuvent forcer le réacteur à faire ce qu’il n’a pas été conçu pour faire. Point.

Je sais. Je sais. Les opposants n’y voient pas qu’une question de sécurité publique. Voyons ensemble les autres arguments proposés par les opposants un à un.

Déchets radioactifs

Il s’agit en effet du talon d’Achille de la production d’électricité par énergie nucléaire. Je me demande toutefois si monsieur et madame tout le monde ont une idée de la relativement petite quantité de déchet radioactif produit par la centrale depuis 30 ans. De plus, il est bon de rappeler qu’un plan est en place pour stocker de manière sécuritaire le combustible usé, sans compter les possibilités de récupération. Moi, j’enfouirais le combustible usé au coeur de futurs barrages hydro-électrique dans le grand nord ;-).

Rejets radioactifs dans l’environnement

Franchement, je n’ai pas de donné là-dessus. Je sais toutefois que la quantité de radioactivité rejeté dans le St-Laurent est 1) très faible, 2) en deçà des normes, et 3) bien inférieure à la quantité rejetée, par exemple, suite à l’exploitation d’une centrale électrique au charbon.

Depuis le temps que la Centrale existe, il me semble qu’il doit y avoir des études d’impact sur la santé de la population et de la faune environnantes. Toute critique ou crainte à ce sujet devrait se baser sur des études et non sur des préjugés.

Coûts de réfection et d’exploitation

Au niveau des coûts d’exploitation, incluant la réfection de la centrale, encore là les chiffres ne mentent pas. La Centrale de Gentilly 2 permet la production à des coûts tout à fait concurrentiels.

Avantages

Au delà du peu d’inconvénients, l’exploitation de Gentilly 2 a des incitatifs indéniables, tels que:

  1. Stabilisation du réseau d’Hydro-Québec: ce premier avantage est peu compris et même plutôt inconnu et pourtant, il s’agit d’un argument de poids en faveur de l’exploitation d’une centrale de production électrique alternative à l’hydro-électricité. La très grande majorité du réseau électrique québécois étant basé sur l’hydro-électricité, la capacité du réseau est dépendante des aléas de mère nature. Une centrale, telle Gentilly 2, qui de surcroît est située stratégiquement entre les deux grands centres du Québec, permet une certaine stabilité au réseau d’Hydro-Québec.
  2. Si je ne me trompe, il se trouve à la Centrale, la plus grande concentration d’ingénieur(e)s au Québec.  Outre l’expertise ultra-spécialisée qu’il serait dommage qu’Hydro-Québec perde, il s’agit là d’une qualité d’emploi$ non négligeable, sans compter les autres emplois satellites.
  3. Il faudrait des investissements massifs (milliards) pour remplacer la production actuelle et régulière de Gentilly 2, que ce soit par des solutions présumément plus propres ou autres.

Il m’apparaît évidement que l’opposition face à Gentilly 2 est attisée par des peurs, elles-mêmes nourries de préjugés et de manque d’information.

La réfection et l’exploitation de la Centrale amènera des retombés économiques et intellectuelles positives pour le Québec tout entier. Il faut vaincre nos peurs pour continuer d’avancer…

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