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22 juin 2007

Critique fantastique!

Un peu plus tôt cette semaine, je suis allé au cinéma voir le film “Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer“. J’ai adoré…. Moi oui, mais pas la plupart des “critiques” de cinéma.

Qui a raison? Elles ou moi? Est-ce un bon film ou n’en est-ce pas un?

Bien entendu, dès qu’on parle d’art, chacun peut avoir son opinion. Toutefois, je crois qu’il est de mise de tenter de mettre un minimum d’objectivité dans une critique. Souvent, une mise en contexte est de mise.

Le problème avec certaines critiques de cinéma lorsqu’elles s’attaquent à des films dit de genre est… qu’elles ne devraient tout simplement pas s’y attaquer.

Pourquoi? Parce qu’il arrive qu’elles ne connaissent ni les références ni les règles du genre en question. Et lorsqu’elles les connaissent, elles semblent se faire un malin plaisir à les ignorer pour alimenter leur capitale “sérieux”. Car leur barème d’évaluation est immuable; au-delà du cinéma d’auteurs, point de salut.

Prenons la critique de Michel Coulombe de Radio-Canada du film des Fantastic Four.

M. Coulombe prend premièrement la peine de nous rappeler que “les effets spéciaux occuperont l’avant plan”.

Première parenthèse. J’aimerais rappeler à M. Coulombe que la scène dans l’espace dont il s’est servie pour nous rappeler qu’un film comportant une créature d’apparence métallique “surfant dans le ciel”, un être pouvant étirer toutes les parties de son corps, un homme pouvant à la fois voler et s’enflammer, une femme pouvant devenir invisible et projeter des champs magnétiques (je vulgarise), et un homme ayant l’apparence d’un tas de cailloux, ne comporte aucun “effet spécial”, mais bien des “effets visuels” (en anglais “visual effects”). Est-ce là un premier indice qu’on a ici à faire à une critique “pas à sa place”? Ou serait-ce moi qui n’aurait tout simplement pas dû le lire…?

Notre spécialiste en film de super-héros se surprend de plus que “les répliques soient d’une insondable naïveté”. Deuxième parenthèse. Se pourrait-il que lorsqu’on est critique de film et qu’on visionne “un film de super-héros” que l’on ait une propension à s’attarder sur la profondeur des dialogues pour nourir des préjugés?

Mais de toute manière, et c’est là le point important, le critique qui critique ici hors contexte semble s’efforcer à oublier, pour se rendre intéressant, que l’on a à faire ici à des personnages qui sortent tout droit d’un univers de BD, où l’espace pour les dialogues est inversement proportionnel à la mise en contexte du critique.

Et finalement quoi de plus convaincant et d’appuyer pour le critique qui a laissé l’enfant en lui se transformer en créature verte de l’incompréhension (je ne parle pas ici du géant vert M. Coulombe) que de comparer ce film de genre à un autre du même genre. En effet, dans son manque de nuance, Michel Coulombe nous annonce fier de sa personne: “Pour bien prendre la mesure de ce qu’on propose dans ce film, il suffit de penser à Spider-Man. Et d’imaginer tout le contraire! Moins d’émotions, moins de moyens, moins d’invention.”  - Au moins on sait à quoi s’en tenir…. pour la durée d’un point de ponctuation, car la phrase suivante désamorce tout: “Mais, surtout, un parti pris évident pour la bande dessinée. ” Au moins ça, il l’a compris ;-).

Dans sa critique du même film, intitulée “Noces de Feu“, Martin Girard de l’hebdomadaire Voir est aussi peu enthousiasme, mais a le mérite d’avoir cerné le public cible et le ton du film en question. Il termine même son papier en toute justesse en écrivant; “Alors de quoi je me mêle?”

Le point commun des deux media que j’ai cités en exemple et de la plupart de ceux qui ont émis les critiques négatives que j’ai pu lire sur le film “FF: Rise of the Silver Surfer”, est qu’ils sont généralistes.

Chris Anderson est le premier à avoir pris conscience de la Longue traîne (Long Tail), qui résulte du pouvoir d’Internet de valoriser le potentiel des niches de marché.

Radio-Canada et Voir ne sont que deux exemples de média généraliste visant à nous informer sur des sujets variés incluant la politique, les arts, la consommation, la santé, etc. Bien que de tels média soient bien “équipés” en spécialistes dans chacun des domaines, ces spécialistes en sont souvent de “premier niveau”. Un journaliste de Radio-Canada couvrira par exemple les arts en général, au mieux, il sera de “deuxième niveau” pendant un certain temps et pourra se consacrer au “cinéma” en particulier….

Heureusement, pour ceux qui recherchent un peu plus de rigueur et pour ceux qui s’y connaissent un peu plus dans un “genre” particulier, il existe de plus en plus de médias spécialisés particulièrement sur Internet. Ces sources d’informations situées au bout de la “Longue traîne” permettent aux connaisseurs de faire le tri entre le grain et l’ivraie concernant les objets de nos passions.

Personnellement, je vois Radio-Canada, Voir et autres comme des sources d’information de première ligne qui me mettent la puce à l’oreille sur des sujets dont je suis relativement néophyte.

Il m’apparaît toutefois intéressant de mesurer la rigueur d’une source médiatique en jetant un petit coup d’oeil sur ce qu’elle a à dire sur un sujet qui me passionne et donc à propos duquel je risque d’être justement plus critique. Même si le “quatre ne fais pas le mois”, je dirais que le Voir passe le test, mais pas Radio-Canada.

Comme quoi, quand on n’a rien à dire, il est préférable de se taire!

23 septembre 2006

Statistiquement vôtre

Les propos de la journaliste du Globe and Mail Jan Wong en réaction à la tuerie de Dawson continuent de faire la manchette. Madame Wong faisait un lien entre les gestes de Kimveer Gill à Dawson et ceux de Valery Fabrikant à Concordia et de Marc Lépine à Polytechnique. La démence de ces trois “éthnies” serait la conséquence des “tensions linguistiques” au Québec. De nombreux arguments ont été soulevés contre cette théorie plus que boiteuse, sauf…

Mettons nos émotions de côté le temps d’une analyse plus pragmatique.

Si seulement un de ces trois événements avait eu lieu, pourrait-on émettre une telle généralité? Évidemment que non. Et bien rappelons à Madame Wong que 3 événements ne font pas plus le printemps! Son échantillon statistique n’est tout simplement pas suffisant pour en déduire quoi que ce soit.

Notre problème, c’est que nous vivons dans un monde statistiquement analphabète.

Pour ne citer que quelques exemples:

 On s’achète un (des!!) billet(s) de loto même si la probabilité de gagner est de 1 sur 14 millions (pour le 6/49).

 On dépense des milliards à combattre le terrorisme, alors que les chances d’être victime d’une telle attaque est de 1 sur 100 000.

 On ne fait rien pour encourager la natalité même si on s’en va vers des fonds de pension vides!

 On continue à payer une fortune en taxe à Environment Canada pour des prévisions météo à long terme qui ne servent à rien, à moyen terme qui pourrait être prédites par un agriculteur d’expérience et à court terme par notre nez dehors! (Un jour je tenterai peut-être de vous le prouver…)

En fait, quelqu’un de mauvaise fois pourrait se prêter au même jeux que madame Wong et tirer des “généralités” beaucoup plus constructives des trois malheureux événements en question, notamment:

• Le Québec et Montréal en particulier comptent également une forte densité de maisons d’enseignement en langue anglaise; et
• Le Québec est un peuple se montrant ouvert envers les étrangers.

Non, que ça soit par mauvaise fois ou par analphabétisme statistique, il y aura toujours quelqu’un quelque part pour utiliser un événement de l’actualité pour nous passer un message.

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