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4 janvier 2008

Question de bon sang

(Je me permets une seconde pause dans mon histoire de Noël qui, je sais, n’en finit plus de ne pas finir…)

Saviez-vous qu’il est maintenant possible de connaître assez précisément ses prédispositions à certaines maladies héréditaires, incluant certaines formes de cancer et certaines maladies cardiaques?

Pour à peine $USD 1000.00, les sociétés 23andme et Navigenics prennent un échantillon de votre ADN, le scannent et vous informent sur votre futur génétique!

Utile, vous dites-vous, de savoir qu’on a de fortes prédispositions d’avoir un cancer colorectal? De savoir que nos poumons devraient très probablement développer un cancer avant l’âge de 70 ans? Ainsi, on pourrait diagnostiquer en temps et on serait mieux préparé à se défendre?

Je vais vous annoncer une grande vérité: sauf si vous êtes de ces rares exceptions (du bon ou du mauvais côté), vous allez probablement mourir autour de la moyenne de l’espérance de vie d’un de ces cancers ou d’une maladie du coeur, et ce, qu’on vous l’ait prédit ou non.

ET DANS TOUS LES CAS, les recommandations pour minimiser les risques d’avoir un cancer (qu’on ait des prédispositions ou non) sont les suivantes:

  • garder un poids santé
  • faire de l’exercice régulièrement
  • manger beaucoup et une grande variété de fruits et de légumes
  • éviter l’alcool (pas 2-3 verres par jour… rien!) et le tabac
  • éviter les charcuteries et la viande rouge
  • diminuer le sel et diminuer sinon éviter le sucre et la farine raffinés
  • et surtout consulter un médecin régulièrement et au moins une fois par année après 55 ans!

De toute manière, si vous payez pour un dépistage génétique et apprenez que vous avez des dispositions à l’une où l’autre des « maladies génétiques » couvertes par le test (ce qui risque d’arriver), les recommandations de votre médecin seront celles énumérées précédemment.

Mais quelques fois, j’ai l’impression que l’être humain ne peut croire à l’intangible qu’après des années et des années (souvent des siècles) de lavage de cerveaux (communément appelé endoctrinement). Dans le cas de sa santé, il lui faut malheureusement une preuve sous forme d’un message de l’au-delà ou une photographie du futur.

Peut-être que la seule manière que l’être humain puisse vaincre ses pulsions est de se faire montrer la photo de la ligne d’arrivée, et de se rendre compte qu’il n’y est plus!

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2 décembre 2007

Pour après demain peut-être les rêves aux licornes

La version ultime (selon son réalisateur Ridley Scott) du chef d’oeuvre du cinéma de science-fiction de 1982, BLADE RUNNER, sort ces jours-ci sur nos écrans et sortira en DVD le 18 décembre prochain.

Il est vrai que ce film vieillit très bien. Il est en effet toujours aussi dépaysant de voir tant les scènes extérieures qu’intérieures de ce Los Angeles ultra futuriste… de 2019!

Mais il y a un hic, et c’est justement dans la date: 2019, c’est demain! Ce ne l’était pas en 1982 quand le film est sorti, mais ce l’est maintenant en 2007. On est encore bien loin par exemple des autos qui défient la gravité et des « réplicants », ces cyborgs à l’apparence si humaine que le héro du film, qui a pour mission de les pourchasser, en serait même un sans le savoir.

Les 25 ans de ce film culte me servent d’excuse pour vous rappeler à quel point nous sommes plutôt mauvais pour prédire le futur sur le plan technologique. En effet, à quand les voitures complètement électriques, les voyages spatiaux commerciaux ou encore plus simplement les ordinateurs vraiment conviviaux! On nous promet tout ça pourtant depuis si longtemps! Je ne parle même pas du robot serviteur, tant promis durant mon enfance, que chaque foyer devait posséder, ni des prévisions météorologiques à la minute près, ni des maisons intelligentes télécommandées, etc. Non, il semble que nous, de l’homme de la rue, au scientifique à la fine pointe de la technologie en passant par le romancier d’anticipation, soyons incapable d’évaluer le temps que prend la mise en oeuvre d’une idée, sous-estimant probablement le temps d’émergence de technologies sous-jacentes.

Heureusement toutefois que la technologie progresse relativement moins rapidement que nous semblons le souhaiter, car à l’inverse notre anticipation des impacts qu’ont les changements technologiques sur nos moeurs et nos coutumes est à parfaire… et ces impacts sont fulgurants.

En fait de petits changements technologiques semblent avoir souvent pour effet de bouleverser nos modes de vies. Alors que les écrivains de sciences fictions et les futurologues prédisaient dans les années 50 des cités futuristes à l’aube de l’an 2000, peu prédisait, j’en suis certain, l’éclatement des familles, la place de la femme dans les sociétés occidentales, la popularité de nouvelles habitudes sexuelles, le multiculturalisme, etc. Que ce soit les méthodes de contraception, l’efficacité des moyens de communication, Internet, ou autres, ces changements qui se sont opérés au coeur même du fonctionnement de nos société, en relativement peu de temps, sont tous dus à des percées technologiques.

Considérant l’énorme influence des technologies sur nos mécanismes sociaux, imaginez maintenant nos vies si elles avaient évolué aussi rapidement que nous l’avions « prévu ».
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Les sociétés dont les moeurs avancent difficilement ou qui refusent d’avancer sont souvent celles qui n’ont pas accès aux dernières technologies. À l’heure des débats sur les accommodements raisonnables, ne croyez-vous pas, à la lumière de ce qui précède, qu’il serait tout à fait sage pour une société « plus évoluée au niveau de ses moeurs » d’accommoder de nouveaux arrivants, le temps (d’une génération ou deux) que l’osmose s’opère?

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