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21 avril 2008

Contes de l’au-delà

C’est une histoire sortie tout droit de la tête de l’Homme. Sa première invention. Une histoire, dès le début plus fonctionnelle qu’esthétique, qui sert encore aujourd’hui à remplir le vide de son esprit.

À une époque lointaine où l’Homme se faisait faucher régulièrement par ses propres limites, un nouveau langage fut créé pour imaginer son périple, mais également son « sur place ». Malgré la tradition, le bruit de ses croyances n’aurait pu nourrir aussi fortement ses peurs et n’eut été de l’organisation systématique du mythe, nous serions probablement aujourd’hui au-delà de l’Au-delà.

Parallèlement à l’authoritisation du mythe, une écriture génétique s’opéra. Celle-ci s’accompagna d’une scission évolutive qui généra de nombreuses secousses. Celles-ci et surtout celle-là devinrent non seulement inévitables, mais de plus essentielles à cause et surtout pour maintenir le dogme.

Car parallèlement à la brisure se prononçait de plus en plus fortement le décalage spectrale entre les différentes couleurs de l’abnégation originelle. Loin de recentrer l’Homme sur lui-même, la séparation mythologique renforça la main mise de l’homme sur l’homme. 

La puissance des gènes semble maintenant n’offrir que peu d’espoir dans une rémission complète. Nous sommes presqu’à espérer une cassure évolutive. Non, cette histoire ne se terminera pas bien.

12 janvier 2008

Sapin de Noël – Conclusion

Voir les parties 1 et 2

Arrivés au château, tout semblait tranquille. Quelques lumières allumées ici et là habillaient la résidence de Cécile d’une rassurante couleur d’absence. Le Père Noël et Lupin franchissaient les quelques mètres de confort qu’ils avaient laissés depuis leur voiture afin de ne pas attirer l’attention indûment sur les lieux de leur convoitise. En guise de sécurité supplémentaire, leur déguisement respectif devait leur fournir un semblant de camouflage en cette bien pratique veille de Noël.

À la porte attenante à la cour arrière, après s’être faufilés le long de la haie, une tension les envahie lorsque le moment arriva de vérifier l’accès au butin. Un dernier regard visiblement inquiet de Père Noël à Lupin et… la porte s’ouvrit tel que prévu. Lupin lâcha un soupir de soulagement. 

- Je te l’avais bien dit que tu pouvais me faire confiance. Elle l’a écrit dans un courriel que sa serrure était brisée! Tout a été prévu au quart de rond par mon génie j’te dis! Vite, viens!  lui soupira son chef de la soirée pendant qu’il avait déjà un pied dans l’ »autre monde ».

Le salon frappa les deux larcins comme un univers surréaliste. Évidemment, il y avait toute cette richesse à des lieux de leur quotidien: on aurait dit que chaque objet était pairé d’une oeuvre d’art, des bibelots de toute sorte, plus brillants les uns que les autres, réussissaient à percer même à travers le peu d’éclairage et évidemment tout le luxe et le confort mobilier était au rendez-vous pour équilibrer la présence des menus objets précieux.

Après quelques secondes de contemplations, le Père Noël sortit un deuxième sac de la poche qu’il transportait et le tendit à Lupin.

- Allez, vite! Faut quand même pas tenter le démon!

Et ils se mirent à remplir leurs sacs, surtout de bijoux et de bibelot, mais sans trop de discrimination.

À peine avaient-ils commencé qu’une lumière vive les surprit, mais pas tant que la voix… d’Arsène.

- Ça va pas bien les gars! – dit-il d’un ton mi-arrogant, mi-menaçant.

Le Père Noël sentit ses membres se glacer.

- Heille… Arsène! T’es en retard… Au moins t’es là… Reste pas planté là. Viens m’aider dans la cuisine!

Tentant en vainc d’avoir l’air en contrôle, il ne réalisait même pas qu’il n’avait jamais donné l’adresse de Cécile à Arsène.

- Pense-tu vraiment que je suis assez con pour vous aider. Je suis pas ici pour ça.

- Ah non!? T’es ici pourquoi?

Arsène pris un air innocent.

- Ben je passais dans le coin. Pis quand j’ai vu deux individus à l’air louche pénétrer par infraction dans un domicile, je me suis dit que j’étais mieux d’appeler la police (pause) juste au cas.

Au même moment des sirènes retentirent.

Lupin au Père Noël: - Vite on déguerpie.

Il se dirigea immédiatement vers la porte en jetant son sac sur le sol sans aucun respect pour son rêve.

Le déguisement du Père Noël était maintenant parfait tellement son visage était rouge.

- Pourquoi t’a fait ça? J’t’ai offert ta part pourtant… Qu’est-ce que j’t’ai fait?

- Pourquoi? J’t’ai jamais aimé. Dès tes premières interventions sur le net tu m’as tombé sur les nerfs!

- Mais tu ne me connais même pas?

- Justement!… T’es un con!

T’es encore plus con, se dit-il, de laisser tout le temps nécessaire à la police pour arriver. Et justement, les officiers arrivèrent et embarquèrent notre Père Noël, littéralement la main dans le sac. Quant à Lupin, il avait été intercepté aisément, grâce à son costume, dès qu’il avait pris fuite par la rue.

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Juste avant le coup de minuit, Cécile avait rejoint Arsène à sa propre demeure où il l’avait attendu après le départ de la police. Leur rencontre avait été plus qu’utilitaire pour Arsène. Ils s’apprêtaient même à passer une nuit de Noël on ne peut moins catholique.

Arsène et Cécile étaient allongés au lit, le champagne à la main, lorsque le portable d’Arsène sonna.

- C’est fait?

- C’est fait. Il est en tôle. Après son procès vous devriez avoir la paix pour au moins deux ans, peut-être trois.

- Merci! L’argent a été déposé à l’endroit prévu.

- Je sais, merci. Cécile est déjà passée le prendre. Je vous rappelle qu’à partir de maintenant on ne se connaît plus. Joyeux Noël!

La Mère Noël raccrocha, le sourire aux lèvres. Oui, enfin, elle passerait un joyeux Noël!

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