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31 août 2008

Attention à l’idiot activité!

Des groupes de pression, certains écologiques, d’autres formés de simples citoyens inquiets, se dressent face à la décision d’Hydro-Québec d’aller de l’avant avec son projet de rajeunissement de la Centrale nucléaire de Gentilly 2.

Ayant probablement en tête des images de Tchnernobyl ou d’Omer Simpson échappant une grappe de combustible jaune fluo du bout des pinces (ou pire encore des enfants d’Hiroshima atteints de malformations multiples), ces prêcheurs de l’apocalyptique ne peuvent imaginer vivre avec une telle bombe à retardement sur leur territoire, doublée d’une source de pollution constante sur le terrain de jeu de leurs enfants… et de leur poissons.

Ayant travaillé pour la Centrale de Gentilly 2 depuis Montréal pendant 2 ans, et même sur place pendant quelques semaines, alors que je faisais partie d’un groupe d’analyse sur la sûreté de la centrale, je me permets ici de tenter de briser certains préjugés.

Permettez-moi premièrement de vous résumer ainsi la situation de la Centrale en ce qui à trait à sa sûreté: les réacteurs CANDU, comme celui se trouvant au coeur de la centrale de Gentilly 2, sont conçus de manière à ce que non seulement les probabilités d’accidents soient de faibles à nulles, mais, de plus, pour que, si par un coup de malchance survenait un bris quelconque, ou si on forçait son mal fonctionnement, il s’éteindrait de lui même. N’est-ce pas merveilleux! On est loin de Tchernobyl et de Three-Miles Island n’est-ce pas (, si je ne me trompe pas, il n’y a eu de toute manière aucune conséquence néfaste pour la population)?

Mais ce n’est pas tout. Alors que même les plus verts (ou les plus jaunes) des manifestants devant la Centrale sont déjà assurément en train de rouler leurs sacs de couchage devant mes explications, si rassurantes sont-elles qu’elles pourraient endormir un poupon sortant ses nouvelles dents, laissez-moi ajouter une couche de béton au bâtiment réacteur.

Au-delà du design ultra-sécuritaire des CANDU, il y l’utilisation qu’on en fait. Encore là, si rien n’a changé depuis mon départ, Hydro-Québec exploite la Centrale en utilisant des marges de sûreté bien, mais là vraiment, en deçà des limites qui pourraient forcer les systèmes de sûreté prévus à se déclencher (ce qui n’aurait d’ailleurs d’autre impact que d’interrompre la production pour quelque temps).

Si tout ça vous apparaît endormant, et bien c’est le cas. Il ne peut pratiquement rien arriver! En passant, le bâtiment est même conçu pour éviter le pire en cas d’impact d’un avion! Et des terroristes? Ils ne peuvent forcer le réacteur à faire ce qu’il n’a pas été conçu pour faire. Point.

Je sais. Je sais. Les opposants n’y voient pas qu’une question de sécurité publique. Voyons ensemble les autres arguments proposés par les opposants un à un.

Déchets radioactifs

Il s’agit en effet du talon d’Achille de la production d’électricité par énergie nucléaire. Je me demande toutefois si monsieur et madame tout le monde ont une idée de la relativement petite quantité de déchet radioactif produit par la centrale depuis 30 ans. De plus, il est bon de rappeler qu’un plan est en place pour stocker de manière sécuritaire le combustible usé, sans compter les possibilités de récupération. Moi, j’enfouirais le combustible usé au coeur de futurs barrages hydro-électrique dans le grand nord ;-).

Rejets radioactifs dans l’environnement

Franchement, je n’ai pas de donné là-dessus. Je sais toutefois que la quantité de radioactivité rejeté dans le St-Laurent est 1) très faible, 2) en deçà des normes, et 3) bien inférieure à la quantité rejetée, par exemple, suite à l’exploitation d’une centrale électrique au charbon.

Depuis le temps que la Centrale existe, il me semble qu’il doit y avoir des études d’impact sur la santé de la population et de la faune environnantes. Toute critique ou crainte à ce sujet devrait se baser sur des études et non sur des préjugés.

Coûts de réfection et d’exploitation

Au niveau des coûts d’exploitation, incluant la réfection de la centrale, encore là les chiffres ne mentent pas. La Centrale de Gentilly 2 permet la production à des coûts tout à fait concurrentiels.

Avantages

Au delà du peu d’inconvénients, l’exploitation de Gentilly 2 a des incitatifs indéniables, tels que:

  1. Stabilisation du réseau d’Hydro-Québec: ce premier avantage est peu compris et même plutôt inconnu et pourtant, il s’agit d’un argument de poids en faveur de l’exploitation d’une centrale de production électrique alternative à l’hydro-électricité. La très grande majorité du réseau électrique québécois étant basé sur l’hydro-électricité, la capacité du réseau est dépendante des aléas de mère nature. Une centrale, telle Gentilly 2, qui de surcroît est située stratégiquement entre les deux grands centres du Québec, permet une certaine stabilité au réseau d’Hydro-Québec.
  2. Si je ne me trompe, il se trouve à la Centrale, la plus grande concentration d’ingénieur(e)s au Québec.  Outre l’expertise ultra-spécialisée qu’il serait dommage qu’Hydro-Québec perde, il s’agit là d’une qualité d’emploi$ non négligeable, sans compter les autres emplois satellites.
  3. Il faudrait des investissements massifs (milliards) pour remplacer la production actuelle et régulière de Gentilly 2, que ce soit par des solutions présumément plus propres ou autres.

Il m’apparaît évidement que l’opposition face à Gentilly 2 est attisée par des peurs, elles-mêmes nourries de préjugés et de manque d’information.

La réfection et l’exploitation de la Centrale amènera des retombés économiques et intellectuelles positives pour le Québec tout entier. Il faut vaincre nos peurs pour continuer d’avancer…

29 février 2008

Ange gardien

Comme à tous les dimanches, je m’en vais visiter Berthe, cette fois-ci une rose à la main… comme pour anoblir le geste que je m’en vais poser.

Nous sommes en plein mois de février. Même si l’air est particulièrement glacial, je ne peux m’empêcher de tenir la rose d’une main dégantée. Comme je le souhaitais, je ne sens plus mon membre. Je n’arrête pas de penser à elle… ma main. Inconsciemment, je dois espérer qu’elle paralysera avant mon arrivé. Dans l’espoir d’un ilot de rédemption, j’ai toutefois pris soin avant de partir de bien protéger mon offrande.

J’essaie de penser à autres choses, mais de doux souvenirs me ramènent dans le droit chemin. Le droit chemin… En fait, est-il vraiment droit ce chemin? Cette question me hante depuis plusieurs jours, depuis plusieurs semaines même, et ces images qui me transpercent à me donner envie de pleurer servent de contrepoids à mon incertitude.

J’ai depuis tellement longtemps la manie d’être collé à Berthe. Il y a eu ces belles matinées à cuisiner tous les deux ensembles. Au début c’était l’euphorie, un plaisir non canalisé. Puis graduellement, sous son enseignement, nous avions atteint la symbiose. Cette connivence que nous avions s’étalait dans tout ce qui a rimé pour moi avec « bonheur ».  Je ne fais que penser à son sucre à la crème, à nos veillées à écouter des vieux films à la télévision, à nos parties de dame, et à nos marches pendant lesquelles, jusqu’à récemment, elle nourrissait mes souvenirs des siens.

Maintenant que je ne suis plus qu’à quelques minutes de la retrouver, j’aurais envie de me déshabiller complètement et que tout mon corps nu se joigne à ma main gelée pour pouvoir continuer à avancer. Je ne sais si mon souhait serait de m’engourdir au point de ne plus rien ressentir ou tout simplement de me rapprocher de la mort. C’est paradoxal et même douloureux d’associer de telles pensées au puits de vie qu’a toujours été Berthe jusqu’à récemment.

Me voilà à son chevet. Je la regarde dans son lit d’hôpital, immobile, absente, sûrement souffrante. Pendant que ma main toujours gelée m’en donne encore la force en me rappelant la nécessité du geste, je me dirige vers les appareils qui la maintiennent en vie. Je les éteins de ma main brûlée par le froid en espérant qu’un minimum de détachement s’opèrera. Le cataclysme qui m’envahie conséquemment à mon geste témoigne l’échec de mon anesthésie. Bien pire que de donner la mort à quelqu’un que j’aimais profondément, je viens de tracer au fer rouge son absence dans ma vie depuis trop longtemps. 

Je m’approche de Berthe et l’embrasse tendrement sur la joue en déposant sur sa poitrine la rose après l’avoir soigneusement déballée. Puis je m’assoie à ses côtés en pleurant et en attendant qu’on vienne nous chercher. Je me fou de mon sort, venant de sauver l’ange sans qui je n’aurais jamais goûter au paradis.

À toujours Berthe.

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