.

25 juillet 2008

AIR NUL

Écrivez-moi en incluant vos coordonnées si vous souhaitez être équipé du macaron précédent pour vos prochaines courses. Il me fera plaisir de vous en faire parvenir un exemplaire (jusqu’à épuisement des stocks).

Non

18 juillet 2008

Oeil-de-boeuf – Conclusion

Voir la cinquième partie.

Celui qui m’apparaissait maintenant familier parmi ce groupe d’inconnus s’avança vers moi. En toute logique, à ce moment précis, j’aurai dû avoir envie de reculer, de me sauver même. Mais, il se dégageait tout d’un coup une véritable atmosphère de célébration de cette cour. Comme si la meilleure des nouvelles venait d’être annoncée. De toute manière, l’air résolument sympathique de cet homme qui avançait vers moi n’inspirait aucune fuite. De plus, mon état d’épuisement, mélangé au choc de la scène dont j’étais visiblement le point central, me barra les jambes et je n’eus d’autres choix que d’attendre d’être le fruit de sa cueillette.

Arrivé tout près de moi, il me tendit la main avec douceur et gentillesse et me dit simplement: « Salut, moi c’est Robert. »

Je fus incapable de lui répondre. Mais je lui présentai ma main… par réflexe. Non, mon cerveau reptilien, qui avait pris totalement les commandes, ne semblait pas très craintif. Peut-être manquait-il un peu de chaleur, lui comme le reste du corps de l’animal à sang froid que j’étais devenu.

En guise de réponse inconsciente, le reste du groupe commença à s’attrouper autour de nous, mais seulement à petits pas, visiblement pour ne pas m’effrayer.

Robert, commença à m’expliquer doucement que ce groupe de gens faisait partie d’un club secret dont l’activité principale des membres était le recrutement de nouveaux membres pour le simple plaisir que leur procurait la démarche utilisée pour ce faire. Il utilisa l’analogie de la pêche à la ligne où la recrue potentielle jouait le rôle du poisson, le recruteur celui de la ligne et, pour utiliser la propre expression de Robert, la disponibilité psychologique du poisson servait d’appât. En effet, il m’expliqua que de nombreuses recrues potentielles, pour ne pas dire la plupart de celles-ci, appelaient la police au lieu de poursuivre le « recruteur » ou, les plus « disponibles » entreprenaient une course sans toutefois la mettre à terme.

Selon Robert, et les autres qui complétaient ses explications, le plaisir de ce « jeu » était donc à plusieurs niveaux: la présélection des candidats, l’orchestration des visites pour susciter un intérêt chez le candidat sans se faire prendre et évidemment les nombreuses attentes en groupe à un point de rencontre prédéterminé, ces interminables attentes se déroulant évidemment souvent en catimini et se soldant la plupart du temps donc par une expectative non assouvie.

Je ne dis mot pendant toutes ces explications. Je fus à peine plus loquace après. Je ne savais franchement pas trop quoi penser de ce jeu, ni si j’en fus la victime ou le héro. En attendant de pouvoir littéralement me sauver, j’affichai mon plus sincère sourire forcé, dont ils ne semblèrent pas se formaliser. Les membres de ce groupe avaient vécu plus grand échec. 

À la fin de la présentation et des présentations (seulement des prénoms), je balbutiai simplement mon désir de quitter et je me dirigeai vers la sortie.

J’étais sur le point de gagner le trottoir quand Robert me rejoignit en courant et me tendit un morceau de papier.

« Tiens! Prends ça. Ce sont les coordonnées de notre prochain rendez-vous… »

Pendant que j’avais recommencé à marcher il ajouta:

« Si tu ne viens pas cette fois là, tu ne pourras pas savoir c’est quand l’autre rendez-vous après… C’est ta seule chance! »

Je retournai me coucher, enfin tranquille.

ÉPILOGUE 

J’avançai tranquillement dans la petite ruelle. J’avais vu la lumière de la fenêtre devant moi se fermer cinq minutes auparavant.  Mon coeur battait tellement fort que j’avais l’impression de faire un vacarme malgré toutes mes précautions. Arrivé à la fenêtre, je fis juste assez de bruit pour attirer l’attention. La lumière s’alluma. Je reculai de quelques pas. La fenêtre s’ouvrit. Je reculai de PLUSIEURS pas.

Oui, ce jeu était bien excitant. Bien plus en tout cas que mes rondes d’ange-gardien qui n’avait abouti à rien.

Page suivante »

© 2007 www.nonmaissansblogue.com Tous droits réservés.