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10 mai 2008

Oeil-de-boeuf – Seconde partie

Voir la première partie.

« Dormir tranquille » ne signifiait pas que je m’endormais aisément. J’avais besoin de berçeuses presque tous les soirs. Dans son livre « Ghost Rider« , Neil Peart, le célèbre batteur du groupe Rush, rappelle qu’il n’y a rien de mieux pour apaiser une âme blessée que de lui faire faire un tour, comme on promène un bébé pour le calmer. Moi, je cajolais mon âme esseulée et tourmentée en me chantant des chansons au moment de me mettre au lit.

Ce soir-là, je finissais mon tour de chant avec « Wonderwall » d’Oasis, quand j’entendis à travers ma voix un bruit sourd provenant de la fenêtre de ma chambre. Je cessai immédiatement de chanter et tentai de discerner l’imaginaire du réel à travers les battements de mon coeur qui voulait à ce moment m’avertir de l’efficacité de mon ouïe en se frayant un chemin hors de ma poitrine. 

J’en étais à ce moment convaincu: des pas qui semblaient vouloir se faire discret résonnaient dans l’entre cours en s’éloignant de ma fenêtre. Avais-je le courage de me lever pour aller vérifier? Et s’ils étaient deux et qu’un d’entre eux m’attendait à côté de la fenêtre avec une arme pour m’assaillir, puis très certainement me tuer après avoir constaté, par mon manque de richesse, que je n’étais finalement pas Liam Gallagher, le chanteur d’Oasis.

Je ne sais si c’était le désespoir qui avait commencé depuis quelques jours à m’habiter, mais je pris le risque de ne pas réfléchir, me leva d’un trait et me précipita sur le rideau que j’ouvris sec. C’était bien cela; un homme s’éloignait de mon regard d’un pas rapide en me faisant dos, m’empêchant ainsi de l’identifier. Son habillement et sa carrure ne laissaient toutefois aucun doute sur le fait que c’était un homme.

Je retournai m’assoir sur mon lit, tremblant et ne quittant toujours pas ma fenêtre des yeux. 

Et moi qui, déjà, d’ordinaire, avais de la difficulté à trouver le sommeil. En plus de la peur qui m’assaillait pour des raisons évidentes, mon cerveau fonctionnait à plein régime, cherchant de la matière à colmater le vide qui concluait chacune des théories explicatives que je pondais en rafale.

Était-ce un itinérant ou simplement un jeune voyou? Si oui, que faisait-il à ma fenêtre? Si c’était un voleur, cherchait-il simplement à savoir s’il y avait quelqu’un dans l’appartement? Mais non! J’oubliais que je chantais…

Ahhh! Mais si c’était le tortionnaire qui m’espionnait pour tenter de savoir si son épouse, probablement absente de la maison à ce moment même, était avec moi…?!

À suivre.

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