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30 avril 2008

Oeil-de-boeuf – Première partie

C’était à une époque grotesque de ma vie. Une époque où j’ai maintenant peine à reconnaître le personnage principal. Où tout était possible, le meilleur comme le pire et comme cette fois-là, le plus bizarre.

Suite à la rupture d’une relation de 10 ans (ma première relation sérieuse), je m’étais déniché un appartement dans un immeuble luxueux, à la frontière d’un quartier huppé. Parce qu’il était le seul disponible, et je l’avoue, surtout parce que je ne pouvais me permettre que celui-là dans les environs, j’habitais un petit 4 et demi en forme de racoin peu éclairé. Avant de vous décrire un peu plus en détail cet acteur important de mon aventure, laissez-moi vous glissez un petit mot sur la raison du choix de ce quartier pour ma mono-habitation.

Ma démission relationnelle requérant un levier, je ne m’étais pas immédiatement convaincu du total manque de potentiel que suscitait dans mon profond intérieur et même ailleurs une collègue de travail de 10 ans mon ainée et mariée en plus… Et si ce n’était pas assez pour créer une fausse de crocodiles entre nous, elle avait une fillette d’environ 10 ans… Bref, non satisfait de quitter une relation décevante, j’avais aligné les conditions perdantes pour la subséquente.

Mais voilà, espérant que la dame quitte son tortionnaire (ah oui, j’avais oublié ce détail) d’un jour à l’autre, j’avais établie un refuge non loin de la zone que j’espérais devenir sinistrée d’un jour à l’autre.

J’étais plutôt solitaire à l’époque. Peut-être qu’inconsciemment je fuyais de tangibles interactions humaines pour m’éviter la brutal mise en relief du virtualisme de ce que je m’infligeais. Je me rappelle toutefois que mon isolement me pesait beaucoup. Je passais alors mes nombreux temps libres à marcher, avec comme seul compagnon un baladeur à cassette, et dans le but de me trouver une certaine lourdeur dans les jambes qui réussissait tant bien que mal à me faire oublier l’autre lourdeur, celle de l’âme.

Mon itinéraire du soir comprenait entre autre une montée de la rue en cul-de-sac qu’habitait la dame en question. Loin de moi les intentions voyeurs, je ne faisais que mon tour de garde pour m’assurer que personne ne tortionnait personne. En fait, il y avait chez elle des rideaux opaques à travers lesquelles je n’y voyais absolument rien à chaque fois. On peut donc dire que je jouais le rôle d’un anti-ange-gardien puisque dans la normalité des choses (dans mon système de croyance du moins),  il n’y a pas d’ange pour surveiller de vraies situations, alors que dans mon cas, il y avait un vrai ange qui ne surveillait en fait rien du tout… enfin.

Après mon pèlerinage, je revenais dans mon déprimant habitacle pour me coucher. Ma chambre comportait une fenêtre qui donnait sur des racoins, ceux-là extérieurs.

Telle l’entrée d’un corps noir, les méandres de la cour intérieure sur laquelle donnait ma fenêtre de chambre ne permettait qu’à très peu de lumière d’y entrer. Cela ne m’importait que très peu, puisque je n’y passais pratiquement que mes nuits. D’un autre côté, très peu de bruit réussissait à atteindre ma chambre. Je pouvais donc dormir tranquille.

Sauf cette fois-là où je reçus de la visite.

À suivre. 

21 avril 2008

Contes de l’au-delà

C’est une histoire sortie tout droit de la tête de l’Homme. Sa première invention. Une histoire, dès le début plus fonctionnelle qu’esthétique, qui sert encore aujourd’hui à remplir le vide de son esprit.

À une époque lointaine où l’Homme se faisait faucher régulièrement par ses propres limites, un nouveau langage fut créé pour imaginer son périple, mais également son « sur place ». Malgré la tradition, le bruit de ses croyances n’aurait pu nourrir aussi fortement ses peurs et n’eut été de l’organisation systématique du mythe, nous serions probablement aujourd’hui au-delà de l’Au-delà.

Parallèlement à l’authoritisation du mythe, une écriture génétique s’opéra. Celle-ci s’accompagna d’une scission évolutive qui généra de nombreuses secousses. Celles-ci et surtout celle-là devinrent non seulement inévitables, mais de plus essentielles à cause et surtout pour maintenir le dogme.

Car parallèlement à la brisure se prononçait de plus en plus fortement le décalage spectrale entre les différentes couleurs de l’abnégation originelle. Loin de recentrer l’Homme sur lui-même, la séparation mythologique renforça la main mise de l’homme sur l’homme. 

La puissance des gènes semble maintenant n’offrir que peu d’espoir dans une rémission complète. Nous sommes presqu’à espérer une cassure évolutive. Non, cette histoire ne se terminera pas bien.

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