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2 décembre 2007

Pour après demain peut-être les rêves aux licornes

La version ultime (selon son réalisateur Ridley Scott) du chef d’oeuvre du cinéma de science-fiction de 1982, BLADE RUNNER, sort ces jours-ci sur nos écrans et sortira en DVD le 18 décembre prochain.

Il est vrai que ce film vieillit très bien. Il est en effet toujours aussi dépaysant de voir tant les scènes extérieures qu’intérieures de ce Los Angeles ultra futuriste… de 2019!

Mais il y a un hic, et c’est justement dans la date: 2019, c’est demain! Ce ne l’était pas en 1982 quand le film est sorti, mais ce l’est maintenant en 2007. On est encore bien loin par exemple des autos qui défient la gravité et des “réplicants”, ces cyborgs à l’apparence si humaine que le héro du film, qui a pour mission de les pourchasser, en serait même un sans le savoir.

Les 25 ans de ce film culte me servent d’excuse pour vous rappeler à quel point nous sommes plutôt mauvais pour prédire le futur sur le plan technologique. En effet, à quand les voitures complètement électriques, les voyages spatiaux commerciaux ou encore plus simplement les ordinateurs vraiment conviviaux! On nous promet tout ça pourtant depuis si longtemps! Je ne parle même pas du robot serviteur, tant promis durant mon enfance, que chaque foyer devait posséder, ni des prévisions météorologiques à la minute près, ni des maisons intelligentes télécommandées, etc. Non, il semble que nous, de l’homme de la rue, au scientifique à la fine pointe de la technologie en passant par le romancier d’anticipation, soyons incapable d’évaluer le temps que prend la mise en oeuvre d’une idée, sous-estimant probablement le temps d’émergence de technologies sous-jacentes.

Heureusement toutefois que la technologie progresse relativement moins rapidement que nous semblons le souhaiter, car à l’inverse notre anticipation des impacts qu’ont les changements technologiques sur nos moeurs et nos coutumes est à parfaire… et ces impacts sont fulgurants.

En fait de petits changements technologiques semblent avoir souvent pour effet de bouleverser nos modes de vies. Alors que les écrivains de sciences fictions et les futurologues prédisaient dans les années 50 des cités futuristes à l’aube de l’an 2000, peu prédisait, j’en suis certain, l’éclatement des familles, la place de la femme dans les sociétés occidentales, la popularité de nouvelles habitudes sexuelles, le multiculturalisme, etc. Que ce soit les méthodes de contraception, l’efficacité des moyens de communication, Internet, ou autres, ces changements qui se sont opérés au coeur même du fonctionnement de nos société, en relativement peu de temps, sont tous dus à des percées technologiques.

Considérant l’énorme influence des technologies sur nos mécanismes sociaux, imaginez maintenant nos vies si elles avaient évolué aussi rapidement que nous l’avions “prévu”.
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Les sociétés dont les moeurs avancent difficilement ou qui refusent d’avancer sont souvent celles qui n’ont pas accès aux dernières technologies. À l’heure des débats sur les accommodements raisonnables, ne croyez-vous pas, à la lumière de ce qui précède, qu’il serait tout à fait sage pour une société “plus évoluée au niveau de ses moeurs” d’accommoder de nouveaux arrivants, le temps (d’une génération ou deux) que l’osmose s’opère?

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