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23 novembre 2007

Le supplice de la goutte

« Avez-vous la carte Air Miles? »

« Non je ne l’ai pas. Et je ne la veux pas non plus! »

« Avez-vous la carte Air Miles? »

Nous n’avons pas assez de nous faire bombarder les yeux de toutes les publicités possibles sans compter toutes les marques de commerces de plus en plus présentes, il faut que non seulement on nous jette en plein visage le logo de la maudite carte « Air Miles », mais en plus, EN PLUS, il faut qu’on nous la demande à la caisse À CHAQUE FOIS au moment de payer:

« Avez-vous la carte Air Miles? »

J’ai fais mon petit sondage maison, et même la plupart des employé(e)s en ont assez de nous demander:

« Avez-vous la carte Air Miles? »

Bien entendu, il faut être un client régulier et leur avouer sa propre aversion pour le bout de plastique maudit pour réussir à leur faire sortir l’aveu car il est clair à entendre l’automatisme de leur offrande:

« Avez-vous la carte Air Miles? »

qu’ont leur a tous, sans exception, non seulement lavé le cerveaux mais également qu’on les a menacés.

« Avez-vous la carte Air Miles? »

Il faut comprendre qu’il se joue des gros sous dans cette histoire de carte de plastique bleue blanchie. Par pour les détenteurs évidemment. Non, eux sont là pour faire de la publicité au programme et échanger des tas et des tas de points ramassés pendant longtemps longtemps contre des « pitis » produits ou des « pitis » voyages.

« Avez-vous la carte Air Miles? »

Non, c’est principalement le propriétaire de la marque et du modèle d’affaire qui fait de l’argent grâce à la belle promotion que les détaillants et vous tous faîtes pour eux (j’espère que cet article n’aura pas cet effet…).

Et les détaillants? Ils croient attirer une plus grande clientèle, mais attention! jusqu’à ce que tout plein de clients décident de se respecter un peu et comme moi, à compter de maintenant, décident qu’ils en ont assez de subir le supplice de la goutte « Avez-vous la carte Air Miles? » « Avez-vous la carte Air Miles? » « Avez-vous la carte Air Miles? » « Avez-vous la carte Air Miles? » « Avez-vous la carte Air Miles? » et aillent voir si leurs concurrents sont plus respectueux de l’intelligence de leurs clients.

Et vous, « Avez-vous la carte Air Miles? » Si oui, sachez que je n’ai rien contre vous. J’en ai seulement contre le marketing marteau, cette espèce de publicité secondaire que ce programme fait subir à tous les non-participants sans qu’il y ait d’autres moyens de s’en sauver que d’allez magasiner chez d’autres détaillants.

Alors,

« Avez-vous la carte Air Miles? »

Si comme pour moi la réponse est non, alors pourquoi pas allez acheter là où on n’en fait pas la promotion. Toutefois, je recommande d’en informer votre ancien marchant pour ne pas qu’il soit surpris de ne plus vous voir dans son établissement. Rare sont les détaillants qui aiment perdre des clients…

« Avez-vous la carte Air Miles? » Si oui, ne croyez-vous pas au moins qu’il serait préférable pour tous qu’on arrête de nous casser les oreilles avec la phrase « Avez-vous la carte Air Miles? » Oui? Alors faîtes-le savoir à chaque fois qu’on vous le demandera.

Et si vous n’avez rien contre le fait qu’on vous pose la même question froide à chaque fois, lisez ceci.

17 novembre 2007

Tabous 4: Vous n’êtes probablement pas très intelligent

Je sais que ça ne se dit pas. Pourtant c’est vrai… Ne serait-ce que statistiquement, il faut se rendre à l’évidence, la grande majorité des membres de la société ne sont pas très intelligents.

Prenons comme référence la mesure du QI (quotient intellectuel). Bien qu’imparfait, ça tout le monde est d’accord là-dessus, nous conviendrons toutefois que cet indice mesure une certaine capacité d’analyse et de déduction. Par définition, le QI moyen est de 100. Cela signifie que la moitié des êtres humains sur cette terre ont un QI en deçà de 100! Si vous ne le savez pas, je vous l’annonce, ce n’est pas très élevé!

J’imagine l’un de mes concitoyens dont le QI est inférieur à 100 au volant d’une automobile et écoutant la radio. Équipé comme il est sous le chapeau, je conçois aisément qu’il soit incapable d’opérer le clignotant aux intersections.

Mais qu’est-ce que l’intelligence? Personnellement, j’aime bien la définition suivante qui est suggérée sur Wikipedia:

« l’intelligence est l’ensemble des fonctions mentales mobilisées pour l’analyse, la compréhension, et l’organisation du réel en pensées… »

Bien que les tests de QI puissent donner une indication relative des capacités cérébrales d’une personne, on ne peut s’en servir pour comparer deux individus.

Mais justement, est-il utile de comparer?

On sait vanter les mérites d’êtres qu’on qualifie de brillants. Puis comme par magie, tous les autres êtres humains sont placés dans le même groupe des gens « intelligents », mais sans plus. On n’ose jamais toutefois mentionner publiquement qu’un tel ou une telle nous semble limité intellectuellement. Et je ne parle pas ici des cas lourdement évidents. Je parle de monsieur ou madame tout le monde qui occupe un emploi, est autonome et a des relations normales.

C’est curieux en passant comment les être humains se refusent souvent à considérer des spectres continus et préfèrent souvent catégoriser. Plus souvent qu’autrement, la catégorisation est tertiaire. Ainsi, les gens sont soient beaux, laids ou ordinaires. Gros, minces ou normaux. Workholics, paresseux ou équilibrés. Très intelligents, retardés ou simplement intelligents.

En ce qui a trait à l’intelligence, je crois que la catégorisation tertiaire nous aveugle.

Je m’excuse, mais il n’y a pas que des génies, des handicapés intellectuels et les autres!

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Je vois personnellement quatre grandes sources de problèmes et de conflits dans notre sociétés: une première que je me suis promis de ne plus aborder, les problèmes psychologiques (envie, jalousie, etc.), la cupidité (pouvoir, argent) et notre méconnaissance quand à notre pauvreté en intelligence.

Curieusement, on met sur le banc des accusés régulièrement les trois premiers. Trop rarement, suite par exemple à une erreur, une catastrophe ou un drame, on pointe du doigt le manque d’intelligence du coupable ou du protagoniste.

Pourtant…

Parce que le sujet est tabou et que beaucoup trop de gens refusent de voir puis d’admettre leurs limites intellectuelles, ces gens prennent trop souvent des moyens qui dépassent ces mêmes limites. Il en résulte de nombreuses erreurs, une perte de production, des frustrations, des accidents, des drames, etc.

Malheureusement, contrairement à l’apparence physique qui saute aux yeux, les capacités cérébrales, elles, sont moins évidentes. Certains diront qu’elles sont même à peine moins subjectives. Nous ne pouvons, ni ne devrions nous juger les un les autres.

Que reste-t-il  alors pour remblayer le fossé qui sépare les ambitions de certains de leurs réels moyens (et pour la plupart même en deçà)?

Le secret ne serait-il pas de tenter de toujours repousser ses propres limites pour ainsi mieux les apprivoiser?

Mais comment faire justement pour muscler notre intellect? Il parait que le soumettre à des problèmes serait l’une des clés. Apprendre de choses nouvelles contribuerait également à lui donner un peu plus de tonus.

Pour faire une analogie avec la condition physique, ce sont toutefois malheureusement les gens déjà en forme intellectuellement qui font de tels exercices. Les autres, atrophiés du cerveau, ne savent même pas qu’ils « font de la bedaine ». 

Il est donc dommage qu’il ne se véhicule pas de préjugés aussi forts sur l’intelligence que sur l’apparence physique. De tels préjugés pourraient pousser certains vers le gym du cerveau.

En attendant, faites circuler ce blogue. Certains comprendront peut-être le message et fermeront au moins la radio au volant ou du moins peut-être y délaisseront le portable.

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