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Quétaino-débile! | Retour | Montréal, Stade Olympique, 14 septembre 2007 – Genesis

8 septembre 2007

Pile ou « visage »

Saviez-vous que lorsque vous sautez en parachute, votre sac contient non pas un, mais bien deux parachutes, le deuxième étant là au cas où le premier ne fonctionnait pas. Connaissez-vous la probabilité que les DEUX systèmes ne fonctionnent pas? Elle serait de 1 sur 60 millions. Laissez-moi vous mettre les zéros: 1 sur 60 000 000. Il s’agit donc d’une activité somme toute assez sûre, surtout si on considère que les « sacs » modernes peuvent être équipés d’un système de déploiement automatique. On peut donc dormir en pleine chute puisque le système est conçu pour se déployer automatiquement à une certaine altitude. Il paraît toutefois qu’être éveillé à l’atterrissage permet d’être moins raqué le lendemain… ;-).

Il est intéressant de comparer la probabilité e mourir suite à un saut en parachute à la probabilité de gagner au loto 6/49, celle-ci étant de 1 sur 13 983 816. 

Sachant qu’il est donc seulement 4 fois moins probable de se tuer en parachute que de gagner le gros lot au 6/49 (les scientifiques diraient que ces deux probabilités sont du même ordre de grandeur ou en des termes plus vulgaires, comme dirait l’autre non scientifique, qu’elles sont comparables), on présume que les sauteurs en parachute ne sont pas des gros acheteurs de billets de loteries…

Ce qui m’amène à vous faire constater peut-être avec autant de désolation que moi que la plupart des gens sont anaprobabilistes: ils ne saisissent pas le sens des probabilités et j’irais plus loin en disant que très peu de gens sont capables de conceptualiser des grands nombres.

Dans l’exemple précédent, peu de gens réalisent que si une seule personne achetait un billet de 6/49 à chaque semaine, le gros lot ne se gagnerait PROBABLEMENT pas avant environ un quart de million d’années. C’est seulement parce que plusieurs dizaines de milliers de personnes achètent plusieurs billets chaque semaine que le gros lot se gagne régulièrement (par une seule personne ou par un seul groupe et très très très probablement pas vous). Il est toujours amusant de conseiller aux habitués des loteries de choisir la combinaison 1 2 3 4 5 et 6 et de constater à chaque fois leur scepticisme. N’y a-t-il pas meilleur exemple pourtant pour illustrer l’infinie probabilité de perdre à chaque fois!

Revenons au saut en parachute et imaginons à l’inverse qu’il se ferait autant de sauts à chaque semaine qu’il se vend de billets de 6 / 49. Ce sport extrême (qui n’en serait visiblement plus un) perdrait vite de sa popularité quand à chaque semaine ou presque on annoncerait une victime de ce sport! J’imagine le marketing de certains manufacturiers qui, capitalisant sur la peur évidente de certains, proposeraient des parachutes avec non pas 2, mais 3 systèmes de déploiement, dont 2 de secours, alors que les probabilités de mal fonction montrent clairement qu’un seul est suffisant.

Afin de vous convaincre de la pertinence de mon propos, mais surtout du pathétisme de la situation, je vous proposerais normalement en terminant de porter prochainement une attention particulière aux nombreux exemples dans les médias où l’anaprobabilisme des gens saute aux yeux. Malheureusement, je crois sincèrement que la plupart d’entre vous, même après avoir été conscientisé au phénomène en question, ne seraient probablement pas plus capable de discernement probabiliste, car il s’agit probablement là encore d’un trait génétique.

Le numéro 15.09 du magazine Wired inclut un court article très intéressant intitulé « Count on Geeks to Rescue the Earth » par Clive Thompson. Celui développe comme théorie que c’est justement parce que la grande majorité des gens ne sont pas capable de conceptualiser et de comprendre les grands nombres qu’elle va répondre massivement à l’appel au secours dans les média d’un UNIQUE enfant dans le besoin et se montrera excessivement généreuse en son endroit, alors qu’elle laisse mourir de faim par exemple de grandes populations pauvres ou malades. Voilà également, selon l’auteur, pourquoi un « geek » comme Bill Gates se lance non seulement dans la philanthropie, mais plus spécifiquement dans l’aide humanitaire visant à enrayer les maladies touchant des millions de laissés-pour-compte. Les geeks sont reconnus comme étant bon avec les chiffres et Bill Gates n’est-il pas l’ultime geek (de plus il a un peu d’argent).

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L’autre jour, je visionnais sur mon ordinateur le dernier épisode de Star Trek: New Voyages avec ma toute-grande de 4 ans et demi (en passant, c’est elle qui a insisté pour voir l’épisode).

(Pour ceux qui ne le savent pas, il s’agit d’un projet lancé il y a quelques années par quelques fous, dans le but que puisse se poursuivre la mission du capitaine Kirk et de son équipage du USS Enterprise. Alors qu’au début on pouvait y voir un peu d’amateurisme, les épisodes sont maintenant de qualité « télévision » et on y voit même depuis 2 épisodes des acteurs de la série originale y apparaître en tant qu’invité. Si au moins la fréquence de production pouvait dépasser la moyenne actuelle de 9-12 mois…)

À la fin de l’épisode, l’un des personnages (Sulu, joué par George Takei) est confronté au choix suivant: sauver sa fille unique de la mort ce qui aura pour effet de causer la perte de l’équipage entier de l’Enterprise, ou sacrifier sa fille pour l’équipage.

Je fais pause et je demande à ma fille ce qu’elle ferait, elle, à la place du papa.

« Ben voyons papa! Je laisserais mourir ma fille pour sauver toutes les autres. Ça serait ben mieux de sauver tout le monde que juste une personne », me dit-elle candidement.

Je vous l’avais dit: être « geek » se transmet génétiquement.

Ma toute-petite est déjà pas mal bonne avec les chiffres et je suspecte qu’elle se débrouillera très bien plus tard avec les probabilités et les statistiques.

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