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29 août 2007

Quand certaines dents de sagesse ne peuvent même pas pousser…

Dans un rapport du coroner publié mercredi, deux sages-femmes ont été blâmées pour un accouchement qui a mal tourné en novembre 2006. Selon l’article de Radio-Canada.ca, « Le bébé qu’elles tentaient de mettre au monde serait mort, une quinzaine de minutes avant sa naissance, d’asphyxie par aspiration de liquide méconial. Selon le Dr Dionne, cette mort aurait pu être évitée. Selon le rapport, plusieurs facteurs annonçaient des risques de complications possibles. »

Voilà une belle occasion d’utiliser mon blogue pour l’une de ses fins premières : changer le monde!

Comment? En conscientisant les futurs parents que LE MEILLEUR ENDROIT POUR ACCOUCHER EN 2007 LORSQU’ON TIENT À SON FUTUR ENFANT C’EST À L’HOPITAL!

Et je parle en connaissance de cause!

En 2002, alors que nous attendions notre premier enfant, nous avions décidé ma conjointe et moi de mettre notre confiance et le sort de notre enfant entre les mains d’une sage-femme. Si je me rappelle bien, il s’agissait même d’une des pionnières au Québec pour la reconnaissance de cette pratique et même d’une formatrice à l’unique école en sol québécois. Bref, elle et son équipe devaient bien être compétentes.

À la date limite où ma conjointe, qui faisait du diabète de grossesse, pouvait encore accoucher à la maison des naissances (nommons là) de Côtes-des-Neiges, les sages-femmes décident de la provoquer. Résultat, nous devons nous rendre d’urgence au Jewish (et là, oui SVP nommons là, car il s’agit d’un hôpital extraordinaire!!) en pleine nuit alors que ma conjointe fait tout une fièvre et doit accoucher maintenant dans des conditions des plus difficiles.

Heureusement, une dizaine d’infirmières et de médecins étaient présents avec toute leur compétence ET l’équipement nécessaire pour réussir in extremis à sortir notre toute petite sans séquelle (autre qu’elle a dû être séparée du sein (et) de sa maman pendant les premières heures de sa vie). C’est à se demander si certaines petites angoisses de notre première merveille ne résultent pas de cet accouchement difficile et surtout de la privation des premiers contacts si essentiels avec maman.

Pour revenir aux sages-femmes, j’aimerais préciser que je ne suis pas contre leur pratique. Je crois toutefois que tout accouchement devrait être fait dans les meilleurs conditions, c.-à-d. dans un environnement équipé pour non seulement un  plan B, mais des plans C, D, E…

À l’époque, si nous avions pu lire ce blogue et/ou l’article de radio-canada.ca, je suis convaincu que ni moi, ni ma conjointe n’aurions fait le choix d’un accouchement dans une maison des naissances.

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Malheureusement l’être humain n’apprends que difficilement de l’erreur d’autrui.

De plus, dans le cas des accouchements avec sage-femme on assiste à un rejet des valeurs scientifiques au profit de méthode dite plus « naturelle ». Alors même informés, certains préférerons mettre de côté leur discernement (on ne peut leur en vouloir, ce n’est souvent pas par choix…) et jetterons du revers de la main des probabilités de succès supérieurs pour revivre la vie des premiers colons.

Permettez-moi en terminant de rappeler à ceux-là que l’espérance de vie des premiers colons se situait entre 35 et 40 ans!

14 août 2007

Programmation

Elle est encore si petite.

Tout est encore à préciser… à programmer.

Elle n’a pas encore développé d’horloge interne et son système visuel est loin d’avoir encore été suffisamment sollicité pour qu’elle puisse s’orienter à la fois dans l’espace et dans le temps.

Non, présentement il n’y a que des ombres qui s’éclaircissent quelques fois, des sensations sur sa peau, trop souvent le froid qui lui fait si mal, aussi des sons vagues, et surtout cette douleur qui revient et qui repart…

Ah! Cette douleur qui, plus que tout, la fait crier. Une douleur de détresse…insupportable qui reste à apprivoiser comme le reste.

Peu après l’apparition de cette douleur qui la transperce, apparaissent des sons, mais des sons qu’elle ne peut entendre tant elle crie. Puis une douce chaleur… et cette odeur si réconfortante qui semble avoir été programmée celle-là dans l’au-deçà. Puis cet amalgame de sensations annonçant la fin de son apocalypse irrationnelle.

Mais non, encore cette fois la douleur est trop puissante pour laisser place à la programmation. Le crie est venue. Mais heureusement tout son corps s’est encore une fois rempli de paix… de bonheur… jusqu’à morphée.

À son réveil: des bruits… des sons… Elle entends:  « aahghyiuo beb ehg…Fthu ghienth fthu fghvoussaaree mmham henh »

Les sons s’amplifient. « AAHGHYIUO…! » Son corps quitte brièvement son nid douillet. Elle est encore toute petite, mais déjà la modulation de ces sons particuliers la laisse dans l’expectative d’une absence de froid, d’une absence de faim, d’un doux confort, d’un repos de ses sens.

Au fil des semaines, surtout quand ses besoins sont comblés, quand la douleur de la faim est « pansée », elle se surprend à émettre elle-même de plus en plus d’autres sons que des cris et des pleurs: « Gferdfg.. …gbratdss… pgiou… ».

Ces balbutiements semblent avoir comme effet de resserrer ses liens avec ceux qui font qu’elle se sent mieux ou qu’elle se sent bien, car il s’est créé pendant les premières semaines de sa programmation une sournoise transition entre ces deux sensations.

La richesse de son système d’acquisition de donnée (ses sens) combinée à la complexité de son système de stockage d’information (sa mémoire), nourris de l’infini complexité des interactions avec son milieu, contribuent à rendre chaque jour son propre algorithme de plus en plus indéchiffrable. Quand on pense que ces interactions avec son milieu sont en outre teintées, ou devrait-on plutôt dire filtrées, par les limitations que son code génétique a données à son enveloppe corporelle, on comprend pourquoi la complexité de la machine résultante est telle qu’on soit porté à oublier que cette complexité n’est le résultat que de l’enchevêtrement d’un très grand nombre de règles de bases relativement simples.

Alors que plusieurs de ses capacités d’interactions avec l’univers sont soit restreintes, soit nulles, alors que le bagage d’information qui la suit est somme toute plutôt limité, alors que son petit cerveau est encore peu peuplé de sillons neuronaux, il est plus facile d’observer comment la machine se programme.

Pour l’instant, elle ne le sait pas encore, mais elle ressent et cherche à être « bien » au creux de cet être qui lui donne tout.

Malgré ses limitations et sa programmation très rudimentaire, il est fort à parier que si elle savait ce qui s’en vient et si elle le pouvait, elle déciderait probablement d’arrêter tout évolution de son programme pour rester comme ça, toute dépendante, mais si bien auprès de cet être omniscient: « Mahha-Maahnn… ».

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