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Tabous 3: Les riches, les pauvres et les autres | Retour | Pas facile de faire le tri parmi les méchants…

13 juin 2007

Comme s’il y avait quelqu’un au-dessus de son épaule…

Les dépenses injustifiées de l’ancien lieutenant-gouverneur du Québec Lise Thibault font présentement la manchette, et pour cause. Ce qui est encore plus surprenant que les folles dépenses encourues pour un tel poste est le fait que la dame a tenté de se justifier en alléguant que les frais avaient été approuvés par les deux gouvernements et étaient de toute manière “normaux” pour le poste.

Personnellement, j’ai depuis longtemps comme principe de ne pas me mettre intentionnellement dans le trouble, même si on m’autorise des actes et même si mes intentions sont nobles. Mon principe est le suivant:

(En passant, madame Thibault, si vous lisez cet article vous pouvez me voler mon truc. ÇA, vous pouvez le voler!)

J’essaie de me demander si de nombreux autres que moi (incluant, cas échéant, ceux qui m’ont autorisé à poser le geste) pourraient trouver répréhensible (ou immorale) le geste que je considère poser. Si la réponse à ma question est oui, c’est probablement parce qu’il demeure une certaine subjectivité morale. Lorsque celle-ci entre en scène, il y a risque de se faire taper sur les doigts.

Mais malheureusement, certains ont compris qu’il s’agissait là d’un jeu très intéressant. En effet, les tricheurs (et les avocats…) aiment bien jouer aux jeux où les règles ne sont pas claires. Mais attention, utiliser à outrance le paravent de l’ambiguïté peut toutefois s’avérer dangereux.

Par exemple, on connaît tous de ces personnes qui ont la mauvaise habitude de placer des remarques désobligeantes ou méchantes. Lorsque ces remarques finissent par toucher le centre de la cible, ces mêmes personnes tentent de désamorcer le tout par un “ben voyons, c’était juste une blague…t’as pris ça au sérieux!”.  On ne sait jamais sur quel pied danser avec eux; la plupart du temps, ils passent leur message et quand ils se font prendre (en nous faisant réagir plus fortement), ils se défendent derrière le paravent de l’ambiguïté.

Ce même paravent de l’ambiguïté permet malheureusement à de nombreux oiseaux de proie de s’échapper des mains de la justice. N’avons nous pas entendu ces histoires de célébrités s’étant retrouvés seules avec des “inconnus” du sexe opposé pour par la suite être accusé d’harcèlement. Que les accusations soient fondées ou non, dans bien des cas il aurait été plus simple de ne pas se mettre dans le trouble et en évitant de se retrouver dans une telle situation.

Je me rappelle sortir quelques fois être sorti du métro tard le soir alors qu’il n’y a pas beaucoup d’usagers et dépasser une fille qui marchait seule ou tout simplement changer de côté de rue. Même si je n’avait aucune mauvaise intention, je ne voulais en aucun cas que l’une de ces filles, qui ne pouvaient connaître mon “manque de mauvaises intentions”, devienne craintive.

Madame Thibault (tiens ça me fait penser à une chanson de Monsieur Tranquille tout d’un coup) ne doit aucunement se cacher derrière le paravent de l’ambiguïté. Peu importe ses intentions et que les dépenses aient ou non été approuvées, il en demeure qu’elle aurait due se demander avant d’encourir chacune de ses dépenses si la majorité des contribuables québécois et canadiens les auraient approuvées. Ça devrait toujours être ça quand on joue avec l’argent des autres…

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