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8 juin 2007

Tabous 3: Les riches, les pauvres et les autres

Depuis la nuit des temps, les hommes se distinguent et se regroupent par castes. On peut y chercher les essences régionales et contextuelles qu’on désire, il demeure qu’en finalité toute société se divise en les riches et les pauvres. Les riches contrôlant les moyens de production et surtout de communication, c’est donc eux qui ont le pouvoir. Il en fut ainsi il y a 3000 ans, il en sera de même très probablement dans 1000 ans.

Jusqu’à très récemment, il n’y avait pas de lutte de classes. Les riches ont très rapidement et depuis longtemps appris à jauger la zone de ”contentement” des pauvres afin d’acheter la paix et l’ordre au moindre coût. Aussi, de nombreux mécanismes ont été mis en place par les riches pour que les pauvres maintiennent un état d’abnégation perpétuel; une espèce de “matrice” de subsistance dans laquelle l’espoir de rédemption et de paître un jour du côté du gazon vert apaise plus que les souffrances, mais également tout germe révolutionnaire.

La démocratie a chambardé tout ce bel ordre.

Premièrement, la démocratie favorise une plus juste distribution des richesses d’une société.  La démocratie… démocratise l’accès à la richesse. Il s’est donc créée une zone de transition entre les pauvres et les riches: la classe moyenne. Dans les sociétés passées et même actuelles, là où il n’y a pas (eu) de démocratie, il n’y a pas (eu) de classe moyenne.

Il résulte premièrement de l’apparition de cette classe moyenne, que ceux qui étaient pauvres hier et qui la peuplent aujourd’hui, armés de la libre expression qui accompagne la démocratie, ont brisé l’aura autour des riches. Ceux-ci ont été ”démasqués” à la fois par ceux qui se disent de la classe moyenne et par les pauvres et ont été accusé à tord et à raison selon les acteurs, le milieu, ou les époques de corrompus, de croches ou de parvenus.

Une lutte entre les classes se joue donc actuellement pour la premièrement fois, et c’est entre la classe moyenne et les riches qu’elle se joue. Évidemment, car la classe moyenne est la prétendante à la richesse. Et cette richesse ne pouvant être créé en absolue, il n’y a pas de place pour tous au sommet.

Il va sans dire que cette lutte des classes se joue à toutes les échelles: dans un même pays entre citoyens riches et citoyens de la classe moyenne, entre villes (riches) et régions (moins riches), entre pays riches et pays en développement, etc.

Voilà pourquoi la classe politique, qui dans notre ”démocratie” actuelle est contrôlée par les riches, est souvent silencieuse vis à vis la classe moyenne qu’elle ne veut en aucun cas promouvoir. La différence entre les membres de la classe moyenne et les pauvres est que ces premiers ont moins “faim”, sont moins frustrées et sont donc plus facile à museler.

Mais si la nature humaine nous pousse naturellement à l’égoïsme et à la cupidité, il faut également se rappeler qu’elle a inscrit en nous des gènes très violents que nous avons su premièrement subir sauvagement, puis comprendre et apprivoiser. Malgré les bulletins de nouvelles omniprésents qui font fois du contraire, les statistiques démontrent que nous réussissons de mieux en mieux à mater la bête sauvage en nous.

Peut-être que des expériences fortuites ou tout simplement la sagesse feront bientôt replier notre cupidité derrière ses derniers tranchés.

Peut-être que certain bientôt seront fier d’avouer qu’ils sont riches puis partageront leur richesse et une part du pouvoir avec les leurs. Peut-être qu’avant d’entreprendre une grande révolution, nous participeront tous à faire tomber l’illusion qui maintient les pauvres hors de porté du vrai pouvoir. Peut-être que les gens de la classe moyenne vont commencer à choisir leur camps pour que le plus vite possible tombe un des plus grands tabous.

Que faudra-t-il finalement? Que la lutte des classes se transforme en lutte politique? Ou que tout simplement la cupidité de l’homme le pousse à contempler une nouvelle essence de sa propre mortalité?

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