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12 mai 2007

Trop peu, trop tard

Imaginez une personne qui aime la bonne bouffe et les bonnes bouteilles. Même si après quelques années d’abus le tour de taille commence à trahir sa propension évidente vers la table, cette personne continue ses excès puisque rien ne vient mettre en péril ses activités quotidiennes. Puis vient un premier bilan sanguin; son médecin sonne l’alarme. Un diabète a élu domicile dans son sang avec au deuxième étage un jolie cholestérol. Il semble maintenant qu’il y ait peut-être des habitudes à changer si cette personne ne veut pas transformer un marathon en un demi-fond. Que peut-elle faire? Des changements à son alimentation sont alors de mises et évidemment des activités physiques plus fréquentes sont à mettre à son régime de vie.

J’ai utilisé cet exemple pour illustrer un cycle typique. La première étape est le dénie: “Ben non! Il n’y en a pas de problème..!” La deuxième étape est la prise de conscience: “Ben oui, regarde donc ça. C’est bien vrai…!” La troisième étape est la mobilisation: “Ok, Qu’est-ce que je fais maintenant…?” Et la quatrième étape est l’action: “Go!”.

Je constate que ces étapes s’appliquent à nos comportements sociétaires face au réchauffement climatique.

Toutefois, contrairiement à l’exemple précédent, on a tellement tardé 1) à constater le problème et 2) à se mobiliser qu’il est maintenant TROP TARD 3) pour agir!

Oui trop tard…!

J’espère qu’il n’y en pas qui vont me lancer des (prendre un ton larmoyant) “ben voyons…. il n’est pas trop tard…. il ne faut pas jeter la serviette… si nous mettons TOUS la main à la pâte, nous allons y arriver. C’est par des petits gestes…”

Premièrement, on n’y arrivera pas. Les tendances montrent une augmentation exponentielle du réchauffement tandis que nous continuons toujours à augmenter nos émissions de gaz à effet de serre!!!

Deuxièmement, arriver à quoi? À stopper le réchauffement climatique? À le ralentir? À faire que la terre se refroidisse???

Et troisièmement, je suis désolé de vous l’apprendre si vous n’êtes pas assez lucide pour vous en rendre compte, mais l’histoire “des petits gestes”, c’est juste une invention de notre inconscient collectif pour 1) nous laisser le temps d’accepter notre sort, et 2) nous faire croire qu’on fait quelque chose pour empêcher l’inévitable et nous permettre par la suite de nous dire qu’on aura au moins tout essayé… Ben voyons!

S’il y a des gestes à poser, ce seraient plutôt en vu de minimiser les effets néfastes du réchauffement climatique.  Après avoir collectivement accepté que le réchauffement climatique soit inévitable, on devrait apprendre de nos erreurs et tout de suite passer à l’étape 2 du cycle mentionné précédemment, en prenant les mesures pour en minimiser les impacts sur les populations qui risquent d’en être les plus touchés.

Rien n’empêche de poser des gestes pour arrêter l’hémorragie, mais la priorité est selon moi rendue la prise de mesures pour minimiser les effets à moyens termes du réchauffement climatiques et non les mesures pour minimiser le réchauffement climatique.

L’être humain à cette capacité, qui ne cesse de me surprendre, d’avoir un discours à l’opposé de ses actions.

On en a eu un autre exemple frappant cette semaine, le jour où le nouveau chef intérimaire du Parti Québéçois, François Gendron, a pris la tête du PQ. Dans un contexte où le PQ ne souhaite évidemment pas retourner bientôt en élection, le chef intérimaire a dit qu’il fallait que nous fassions la différence entre les paroles de son parti et ses positions en chambres lors des votes. Quelque chose du genre…

Certains diront que ça fait partie de la politique de faire de tels compromis. Moi je vous dirais que j’ai hâte de voir un politicien complètement intègre qui n’aura pas peur de faire tomber un gouvernement pour soutenir ses convictions jusqu’au bout, même si sa caisse électorale est vide !

Il est tellement plus facile de se conforter dans des justifications que de confronter la réalité. Même s’il est vrai que la vie est une succession de compromis, il y en a qu’on ne devrait jamais faire. Et pourtant on préfère souvent endurer nos malheurs ou un moindre bonheur que faire des efforts et/ou prendre des risques. On est souvent endormis dans notre petite routine métro-boulot-dodo et on oublie que notre bonheur se nourrit de défis.

Voyez tous ces couples qui restent unis pour leurs enfants, croyant leur donner une certaine stabilité (mais finalement où est-elle), mais faussant à jamais leur modèle de relation amoureuse. D’autres gardent un emploi même s’ils y sont malheureux pour ne pas perdre un certain confort matériel, et ce au détriment de leur confort psychologique…

Heureusement, nous avons tous autour de nous des modèles inspirants de gens qui ont décidé de demeurer cohérent avec eux-mêmes.

Par exemple, j’ai un ami qui a renoncé à être associé d’un grand cabinet et à plus d’argents pour tenter de vivre son rêve de faire des guitares professionnellement.

Je suis marié à femme qui a renoncé à un emploi assuré et à une carrière pour vivre pleinement la maternité et donner presque tout son temps et son énergie à ses enfants.

Ces deux personnes proches de moi méritent le plus grand des respects car ils n’ont pas hésité à prendre des risques et même à abandonner des acquis qu’ils ont mis des années à construire afin d’être cohérent avec eux-mêmes et donc à rester intègre.

On dirait par contre qu’il y en a de moins en moins qui osent abandonner un peu pour être un peu plus prêt d’eux-mêmes.

Comme le Parti Québécois, nous avons tous quelques fois tendance à avoir deux discours: un premier discours qui dépeint notre être idéal, celui que nous aimerions être si nous en avions le courage et un second discours, celui de notre quotidien, qui tient compte de nos incertitudes et de nos restrictions quotidiennes et dont nous avons tellement de mal à nous débarrasser.

Malheureusement, nous prenons souvent nos rêves pour la réalité. Et lorsqu’on se réveille, il est souvent trop tard pour les réaliser…nos rêves.

Je termine en vous annonçant que je vais chambarder mes propres habitudes et commencer à publier des articles, (probablement plus courts), plus fréquemment. Fini donc la publication exclusivement hebdomadaire le week-end. Je ne sais pas encore toutefois si je publierai plus longuement la fin de semaine. On verra. J’espère évidemment que vous serez au rendez-vous. Il ne faudrait pas que vous manquiez les articles qui viendront prochainement sur certains tabous, de même qu’une parodie sur d’autres blogues typiques…

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