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6 mai 2007

En primeur dans cet article: la recette du bonheur!

On vit à une époque où la technologie réussit à soigner de plus en plus de maux. Les outils d’analyse nous permettent de repousser de plus en plus loin nos incompréhensions. Je pense particulièrement à notre connaissance du cerveau et de la génétique, pour ne nommer que ces deux petits exemples où des avancées extraordinaires se font à toutes les semaines. La plupart du temps, on ne pourrait s’en plaindre.

Toutefois, dernièrement, j’ai lu avec inquiétude que l’on commençait à s’intéresser au “bonheur”.

Par exemple, des gammaencéphalographes (images du cerveau) permettraient d’obtenir de l’information précise sur ce qui se passe dans notre cerveau lorsque nous sommes heureux ou malheureux. On chercherait même à concevoir des médicaments qui viseraient spécifiquement à créer ou à maintenir le sentiment de “bonheur”. Wow!

Vous savez ce qui est le plus merveilleux avec ces nouvelles, c’est que ça implique indirectement que des scientifiques auraient réussi à trouver une définition de ce qu’est le bonheur et même qu’ils auraient trouvé ce que l’on ressent “objectivement” quand on est heureux! Surprenant que ça n’ait pas fait la une de tous les journaux et de tous les bulletins de nouvelles! En tous cas, moi je prédis un prix Nobel de médecine sur le sujet d’ici quelques années!

Ceux qui me lisent assidûment, ou ceux encore plus chanceux qui me connaissent, reconnaîtront un trait de ma personnalité que je me dois de mettre humblement en valeur dans la suite de cet article pour le bien de l’humanité, c,-à-d. ma grande sagesse.

Je vais pousser ma générosité jusqu’à combiner cette sagesse à ma légendaire intelligence en une explosion de profondeur pour vous expliquer MOI ce qu’est le bonheur.

[Attention ce qui suit peut ébranler les coeurs sensibles. La lecture de ce qui suit est à donc vos risques.]

Je commence. 

Tout comme le temps ne peut se définir que comme un corollaire de la notion du mouvement, le bonheur ne peut se définir que comme un corollaire de la notion d’états de vie.

Et vlan. Je vous laisse là-dessus. À la semaine prochaine.

Bon ok, je m’explique.

Je crois premièrement que nous naissons tous malheureux, c-à-d. en manque de chaleur, bombardé de lumière, affamé, … non préparé finalement. Lorsqu’on naît, notre corps est dans un certain “état biologique”. Puis cet état va évoluer selon les différents intrants et stimuli de l’environnement. Parmi ces intrants et stimuli, il y a la réaction des autres autour de nous qui nous servira de référence. On tente d’imiter les autres, mais aussi leur réaction nous sert de référence à savoir si une action à été “bonne” ou “mauvaise” (correcte ou incorrecte). 

De plus la composante de notre état physique à notre état globale y joue aussi pour beaucoup. C’est sur ce point que les prédispositions génétiques (au stress, à l’embonpoint, à la violence, etc.) auront un impact.

Donc, les différents intrants, stimuli et prédispositions génétiques viendront influencer notre état actuel global (physique et mental) pour le faire passer vers un autre état.

Il est bien naturel que certains de ces états seront caractérisés par un meilleur état physique (pas de douleur, moins de stress, etc.). Je crois que nous référons aux meilleures de ces moments relativement aux autres comme étant des moments où nous sommes dans un état de bonheur.

TOUT EST DONC RELATIF.

En effet, voilà pourquoi on identifie souvent les plus grandes périodes de bonheur, à celles qui suivent un accomplissement où par exemple on a dû travailler fort et donc passer par des états relativement moins agréables.

Voilà également qui expliquerait pourquoi les gens bien nantis et ”confortables” ne sont souvent pas (plus) heureux; après un certain temps de bonheur, il leur manque comme référence l’état “moins heureux”. Certains voient même leur corps se pousser volontairement, même si inconsciemment, vers un état abyssal pour pouvoir ressentir à nouveau le bonheur.

Si ma théorie est bonne, les futurs implants au cerveau qui seraient utilisés pour “stimuler le bonheur” pourraient bien créer l’illusion du “plaisir” pendant une certaine période, mais seraient voués à l’échec pour créer le bonheur à long terme.

En fait, je crois plutôt que la recette se trouve dans une réinterprétation d’une expression consacrée: il faut “RE-construire son bonheur”.

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