21 avril 2007
Générations travail - loisir - travail
Un reportage à la télévision sur la génération X rappelait que les (moins en moins jeunes) hommes et femmes issus de cette génération se distinguent des générations précédentes sur plusieurs points, incluant: la recherche d’une qualité de vie, la difficulté à recevoir l’autorité, le manque de fidélité vis-à-vis leur employeur, etc.
Ce reportage était diffusé quelques semaines après une élection provinciale qu’on a dite historique et je ne pus m’empêcher de faire des liens entre l’état actuel de la politique et les comportements de cette génération qui est la mienne et qui occupe de plus en plus de place dans les engrenages décisionnels de notre société.
Rappelons brièvement quelques unes des particularités du vote de la dernière élection provinciale au Québec (que l’on retrouverait probablement également ailleurs en occident): volatilité, votes de contestation, choix des électeurs basés sur des préoccupations à court terme, souvent reliées au bien être (le je je, tout et MAINTENANT), …
Loin de moi l’idée de faire peser sur les épaules de ma génération tous les travers de notre société, mais je vois là des signes évidents de son influence sur la gestion du pouvoir, et particulièrement l’étatique.
Les partis politiques auront de plus en plus de mal à intéresser ce groupe de citoyenX, à les convaincre à une cause et surtout à les fidéliser. Pour vendre une carte de membre à un GEN-Xien, il faudra proposer un programme de parti personnalisé, dynamique, où il pourra participer selon son horaire, mais également de manière à ce qu’il se sente valorisé et à ce qu’il puisse continuer à s’émanciper avec le parti!!
Que les politiciens n’oublient pas qu’ils d’adressent à des citoyenX qui refusent toute autorité et qui ont l’assurance qu’ils pourraient faire mieux qu’eux. Ils n’ont juste pas le temps de faire ça, trop préoccupés qu’ils sont à continuer de “grandir”, à sortir et à se dorloter qu’à bâtir quelque chose d’autre qu’eux mêmes! Mais ça n’empêchera pas les Gen-Xiens de contester de plus en plus dans les rues (sans trop se demander quelles seraient les conséquences du statut quo ou des changements qu’ils proposent) et de forcer les gouvernements à gérer de plus en plus par consultation. Dans tous les cas, pas question que l’on décide pour eux!
Peut-être est-ce parce que je suis parmi les plus vieux des Gen-Xiens que je me sens si aigre et si frustré de ma propre génération…
Mais un des grands problèmes de ma génération, comme celui de toutes les générations, c’est qu’elle a de la difficulté à se créer un cycle générationnel de travail/loisir. Je m’explique.
Il n’y a pas si longtemps (car je l’ai vécu), la plupart des gens naissant dans un milieu non défavorisé avaient une enfance quelque fois désorganisée mais habituellement ludique: pas de garderie, les mamans ne travaillaient pas à l’extérieur et les enfants pouvaient jouer de manière complètement libre jusqu’au début du primaire. C’était une première phase de loisirs perpétuels. Puis la période scolaire représentait une transition vers l’âge adulte où là, le travail représentait la majorité du temps hors sommeil.
Que faisaient les aînés à la retraite “il n’y a pas si longtemps”? Pour la plupart, pas grand chose. En tout cas, c’est l’impression qu’ils nous donnaient. De toute manière, ils étaient déjà très vieux. Mais si la santé et les finances l’avaient permis à la plupart de ces aînés, je crois qu’ils en auraient profité pour se la couler douce car ils ne m’apparaissaient pas du genre à travailler pour travailler.
De nos jours, le cycle générationnel travail/loisir a tendance à s’inverser. Plusieurs ont maintenant de la difficulté à profiter pleinement des deux grandes vacances que sont la tendre enfance et la retraite. En effet, les parents de certains enfants ont tellement peur de manquer à leur bien être qu’ils vont jusqu’à les confier à des étrangers au moment même ou leurs petits cerveaux se sécurisent à même une présence parentale. Pendant ce temps plusieurs “grands-parents” prolongent leurs périodes actives parce qu’ils n’ont (ou nous n’avons) pas su créer suffisamment de richesse pour qu’ils profitent de la vie (et d’autres parce qu’ils n’ont pas su apprendre à décrocher).
Et entre les deux, les gen-Xiens se regardent le nombril au lieu de bâtir des familles et une société où les enfants pourraient profiter de la “grande vacance” et où les grands-parents pourraient enfin se reposer… et profiter de leurs petits enfants…
Pour ça il faudrait que les gen-Xiens prennent un peu confiance en eux, pour qu’ils puissent ainsi enfin avoir assez confiance en les autres (conjoint(e)s et dirigeants) pour leur confier leurs destins.

22 avril 2007 à 6:07 am
maudit ! selon wikipedia j’suis un “x-ien” !!! moi qui pensait être un Y…
Generation X 1965 to 1978
Generation Y 1979 to 1997
c’est vrai que j’ai eu une enfance ludique et c’est vrai que j’aspire à une retraite ludique… mais pour moi, la retraite ludique ce serait d’avoir ma petite shop de réparation de vélos tranquille plus que d’aller m’éfouèrer en floride !
pour ce qui est des enfants, c’est évident qu’ils vont aller à la garderie. le contact avec tant de personnes aide l’enfant, entre autre, à comprendre qu’il n’est pas le nombril du monde… ce que la génération x aurait du apprendre au lieu de jouer dans l’champ !
22 avril 2007 à 10:11 am
Confiant nos enfants à la garderie à temps partiel alors que nous pourrions les garder auprès de nous, je ne pourrais être contre, mais les spécialistes du développement du cerveau des touts-petits m’ont convaincu de les garder avant 18 mois, idéalement 2 ans! Puis, nous allons tenter de leur donner une présence rassurante et encadrante et une écoute lors du retour de l’école particulièrement à l’adolescence, quitte à sacrifier une plus grosse télé et des gâteries personnelles à tendance GenX-ienne.
22 avril 2007 à 11:20 am
En passant, c’est ça qui est dommage. De devoir confier nos enfants à temps partiel à des garderies pour qu’ils puissent socialiser et ne pas “se prendre pour le nombril du monde” parce que d’autres prennent la décision discutable de le faire et enlève ainsi tous les petits amis des rues et des ruelles.