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14 avril 2007

Qui “mème” me suive

Je me suis rappelé dernièrement un moment alors que j’étais à la fin de l’adolescence et que je travaillais chez un disquaire. (On y vendait encore des 33 tours!!) Des (plus) “jeunes” étaient venus au magasin un samedi matin et avait demandé d’écouter des extraits d’un album de Metallica (les mélomanes se rappelleront que le groupe n’avait pas une tonne d’albums à l’époque). Dans l’espoir de faire une vente, la gérante avait accepté que le disque soit déballé, sans toutefois que ni elle ni moi ne se doute que la musique de ce groupe soit aussi “heavy”. J’ai encore un vif souvenir du regard ravi des deux “rockers” pendant que la musique jouait au volume habituel, même si curieusement elle nous paraissait au maximum, et nous transformait en attractions aux yeux des passants du mail. Le hochement synchronisé des deux jeunes têtes de moppes nous avaient au moins fait anticiper le départ imminent de l’album de l’étalage…

Aujourd’hui on entend de la musique semblable dans les arénas lors des pauses des matchs sportifs et régulièrement dans des publicités sans que quiconque ne bronche un sourcil. Nous sommes maintenant tous habitués. Les deux jeunes clients du magasin avaient été des pionniers.

On pourrait dire la même chose non seulement de la musique techno, mais également de plusieurs pratiques sociales, culturelles, etc. Certains jeunes, la plupart en fait, ont des pratiques que l’on juge quelque fois répréhensibles, souvent énervantes, mais que la majorité de la population, incluant les adultes, adoptera par la suite.

Il est important ici de distinguer entre deux phénomènes. En effet, je ne parle pas ici du temps requis pour que ces “ados” vieillissent et traînent avec eux leurs “jeunes” habitudes. Ce qu’il faut réaliser c’est qu’il y a un délai entre le moment où des individus pionniers adoptent de nouvelles habitudes ou découvrent une nouvelle tendance et où une majorité de la société adoptera cette nouveauté ou du moins cessera de la trouver marginale.

Je ne crois pas que cette capacité qu’ont les jeunes d’écouter de la musique différente ou de faire différent est seulement due à leurs côtés rebelles. Je crois tout simplement qu’ils n’ont pas cette couche de conventions et de références qui vient dicter ce qui doit être fait ou ce qui est confortable.

Le biologiste Richard Dawkins a proposé le terme “mème” pour décrire “un élément de la culture d’une société humaine (ex: un concept, une habitude, une information, un phénomène, une attitude, etc.), répliqué et transmis par l’imitation du comportement d’un individu par d’autres individus. Le terme provient d’une association entre gène et mimesis (du grec « imitation »). Les mèmes ont été présentés par Dawkins comme des réplicateurs, comparables à ce titre aux gènes, mais responsables de l’évolution de certains comportements animaux et des cultures.” (source: Wikipedia).

Je n’irais jusqu’à dire que certains mèmes sont transmis contrintuitivement des plus jeunes vers les plus vieux, mais j’inviterais les seniors (et ne sommes nous pas tous le senior de quelqu’un) à être prudents avant de juger le comportent des plus jeunes, car ils pourraient très bien les imiter dans quelques années.

Une réponse à “Qui “mème” me suive”

  1. Frédéric :

    Je ne connaissais pas ce terme ! Très amusant… Triste que le “break dancing” ne soit pas devenu “mainstream” !

    Je pars de ce pas à la chasse aux “mèmes” :D

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