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29 avril 2007

A$$urance sans risque

J’ai longtemps hésité avant de vous en parler. Mais je me suis dit que 1) mon lectorat est relativement limité et 2) ma plume est anonyme, alors, pourquoi pas.

Voilà, je trempe présentement dans une affaire de corruption. Si si.

Laissez-moi vous expliquez; vous allez non seulement comprendre, mais peut-être même constater que vous êtes également les deux pieds dans une affaire semblable.

Je vous ai déjà mentionné que je suis à la fois travailleur autonome et seul pourvoyeur d’une délicieuse épouse enceinte jusqu’au nombril et de deux autres magnifiques chef-d’oeuvres de la fusion de nos ADNs. Si vous sentez transparaître dans ces mots mon bonheur et bien votre nez ne vous trompe pas. Sachez que j’en suis plus que conscient (de mon bonheur). J’en suis tellement conscient que je suis prêt à tout pour le et les protéger.

Oui TOUT, y compris passer par-dessus mes principes et me prostituer auprès de compagnies d’assurances afin d’obtenir une assurance-vie sur ma tête, d’un montant suffisant pour que ma famille puisse vivre convenablement pour un bon bout de temps si je décédais. Mais ça, ce n’est rien… Il y a pire: l’assurance invalidité!  En effet, je suis assez responsable pour vouloir également prévoir un revenu suffisant pour les miens si je ne devenais plus apte à travailler.

Bon, bon, bon! C’est quoi son problème. Il nous parlait de prostitution et de corruption et finalement ça ne semble être que des histoires d’assurances. Je suis désolé, mais pour quiconque de moindrement lucide et surtout qui a tenté d’obtenir une couverture moindrement élevée en ayant un passé médical moindrement normal, il y a des liens à faire.

Réglons premièrement la question de la prostitution. Évidemment, je n’ai pas eu à coucher avec personne en échange d’une police d’assurance et ne le souhaite à personne non plus (sauf à qui le veut bien). Mais devoir fournir des informations plus que personnels à des inconnus sur toute l’histoire de mon corps depuis ma naissance et sur une partie de l’histoire du corps de mes parents, EN PLUS DE FOURNIR UN BON MONTANT D’ARGENT, tout ça pour obtenir de l’argent SI il m’arrive quelque chose, moi je trouve que l’analogie avec la prostitution (ou le viol à vous de choisir) n’est pas si mauvaise.

Je sais bien qu’il faut que ces pauvres compagnies d’assurance se protègent contre les gens déjà malades où à risque qui pourraient tenter d’enrichir frauduleusement leurs proches, mais considérant les profits hors proportions qu’elles encaissent, je ne peux m’empêcher de penser que la couverture est plutôt tirer de leur côté (sans mauvais jeu de mot).

Ce qui m’amène à justifier maintenant mon utilisation du terme corruption. Selon Wikipedia, « La corruption est l’utilisation et l’abus de pouvoir à des fins privées. Ces fins privées sont en général l’enrichissement personnel ou pour le compte de tiers. C’est une pratique en général illicite. »

Bon, je vous rassure, les assurances auxquelles je tente de souscrire ne sont pas offertes d’une manière illicite. Maintenant, peut-on considérer qu’il y a abus de pouvoir si je suis consentant? Je crois que oui, si je ne peux obtenir aucune assurance de quiconque à un prix raisonnable et que mon état de santé est jugé « au moins » bon.

Et c’est cette composante du système privé, combinée avec la composante « enrichissement personnel ou pour le compte d’un tiers », tel un actionnaire, qui est très pervers et contre lesquelles on se doit de demeurer très vigilant.

Les compagnies d’assurances ne prennent plus de risques MÊME RAISONNABLES parce qu’elles doivent rendre des comptes, sous forme de PROFITS à leurs actionnaires. Ces profits, parmi les plus élevés tous types d’industries confondus, résultent de la difficulté, voir de l’impossiblité que toute personne non « parfaitement en santé » a et aura probablement de plus en plus, à protéger ses actifs en cas de malchances. Mon médecin me dit que je suis en bonne santé. Tant mieux. Mon assureur accepte de m’assurer en cas d’invalidité: WOW! Ça veut dire qu’il ne « risque » rien de m’arriver!!!

Je termine brièvement sur le débat de plus en plus chaud concernant les rôles respectifs de l’état et du privé dans nos vies, débat qui m’interpelle fortement. Bien que je sois conscient que l’on ne peut tout se payer comme société, je crois qu’il faut être prudent dans nos choix et revenir à l’essentiel.

Ainsi, je crois que le gouvernement devrait jouer un rôle plus grand dans la protection des membres de la communauté, entre autre contre eux-mêmes (Cie, actionnaires,…), et particulièrement en assurant un partage plus équitable des richesses.

Prennons par exemple le système québécois d’assurance médicament. On nous dit qu’il coûte de plus en plus cher à l’état. Pas surprenant quand on considère la démographie des cotisants: personnes âgées, assistés sociaux et chômeurs, travailleurs autonomes et autres n’ayant pas accès à une assurance privée. Je ne sais pas moi, mais, j’ai l’impression que les deux premiers groupes, surtout le premier, doivent coûter passablement plus cher que le reste de la population. En passant, tant mieux pour eux que l’état soit là parce que les assureurs privés n’en voudraient probablement pas.

Ne serait-il pas plus équitable pour la société que TOUS cotisent à un programme d’assurance médicament de l’état? Et bien entendu, on conserve la fixation du coût des cotisations en fonction du revenu. S,il veut limiter ses coûts, le gouvernement pourrait limiter la liste des médicaments couverts et laisser le reste au privé…  La rentabilité du système serait assurée par la présence de cotisants à revenu élevé et surtout par une démographie plus équitable pour le système publique.

Ce principe ne devrait-il pas également s’appliquer à d’autres services qui pourraient ainsi devenir universel. L’astuce est d’inclure les riches, les pauvres et la classe moyenne et de faire payer chacun selon ses moyens de manière à arriver au total du coût du service.

Je me demande toutefois ce qu’en penserait, entre autre, le lobby des assureurs…

21 avril 2007

Générations travail – loisir – travail

Un reportage à la télévision sur la génération X rappelait que les (moins en moins jeunes) hommes et femmes issus de cette génération se distinguent des générations précédentes sur plusieurs points, incluant: la recherche d’une qualité de vie, la difficulté à recevoir l’autorité, le manque de fidélité vis-à-vis leur employeur, etc.

Ce reportage était diffusé quelques semaines après une élection provinciale qu’on a dite historique et je ne pus m’empêcher de faire des liens entre l’état actuel de la politique et les comportements de cette génération qui est la mienne et qui occupe de plus en plus de place dans les engrenages décisionnels de notre société.

Rappelons brièvement quelques unes des particularités du vote de la dernière élection provinciale au Québec (que l’on retrouverait probablement également ailleurs en occident): volatilité, votes de contestation, choix des électeurs basés sur des préoccupations à court terme, souvent reliées au bien être (le je je, tout et MAINTENANT), …

Loin de moi l’idée de faire peser sur les épaules de ma génération tous les travers de notre société, mais je vois là des signes évidents de son influence sur la gestion du pouvoir, et particulièrement l’étatique.

Les partis politiques auront de plus en plus de mal à intéresser ce groupe de citoyenX, à les convaincre à une cause et surtout à les fidéliser. Pour vendre une carte de membre à un GEN-Xien, il faudra proposer un programme de parti personnalisé, dynamique, où il pourra participer selon son horaire, mais également de manière à ce qu’il se sente valorisé et à ce qu’il puisse continuer à s’émanciper avec le parti!!

Que les politiciens n’oublient pas qu’ils d’adressent à des citoyenX qui refusent toute autorité et qui ont l’assurance qu’ils pourraient faire mieux qu’eux. Ils n’ont juste pas le temps de faire ça, trop préoccupés qu’ils sont à continuer de « grandir », à sortir et à se dorloter qu’à bâtir quelque chose d’autre qu’eux mêmes! Mais ça n’empêchera pas les Gen-Xiens de contester de plus en plus dans les rues (sans trop se demander quelles seraient les conséquences du statut quo ou des changements qu’ils proposent) et de forcer les gouvernements à gérer de plus en plus par consultation. Dans tous les cas, pas question que l’on décide pour eux!

Peut-être est-ce parce que je suis parmi les plus vieux des Gen-Xiens que je me sens si aigre et si frustré de ma propre génération…

Mais un des grands problèmes de ma génération, comme celui de toutes les générations, c’est qu’elle a de la difficulté à se créer un cycle générationnel de travail/loisir. Je m’explique.

Il n’y a pas si longtemps (car je l’ai vécu), la plupart des gens naissant dans un milieu non défavorisé avaient une enfance quelque fois désorganisée mais habituellement ludique: pas de garderie, les mamans ne travaillaient pas à l’extérieur et les enfants pouvaient jouer de manière complètement libre jusqu’au début du primaire. C’était une première phase de loisirs perpétuels. Puis la période scolaire représentait une transition vers l’âge adulte où là, le travail représentait la majorité du temps hors sommeil.

Que faisaient les aînés à la retraite « il n’y a pas si longtemps »? Pour la plupart, pas grand chose. En tout cas, c’est l’impression qu’ils nous donnaient. De toute manière, ils étaient déjà très vieux. Mais si la santé et les finances l’avaient permis à la plupart de ces aînés, je crois qu’ils en auraient profité pour se la couler douce car ils ne m’apparaissaient pas du genre à travailler pour travailler.

De nos jours, le cycle générationnel travail/loisir a tendance à s’inverser. Plusieurs ont maintenant de la difficulté à profiter pleinement des deux grandes vacances que sont la tendre enfance et la retraite. En effet, les parents de certains enfants ont tellement peur de manquer à leur bien être qu’ils vont jusqu’à les confier à des étrangers au moment même ou leurs petits cerveaux se sécurisent à même une présence parentale. Pendant ce temps plusieurs « grands-parents » prolongent leurs périodes actives parce qu’ils n’ont (ou nous n’avons) pas su créer suffisamment de richesse pour qu’ils profitent de la vie (et d’autres parce qu’ils n’ont pas su apprendre à décrocher).

Et entre les deux, les gen-Xiens se regardent le nombril au lieu de bâtir des familles et une société où les enfants pourraient profiter de la « grande vacance » et où les grands-parents pourraient enfin se reposer… et profiter de leurs petits enfants…

Pour ça il faudrait que les gen-Xiens prennent un peu confiance en eux, pour qu’ils puissent ainsi enfin avoir assez confiance en les autres (conjoint(e)s et dirigeants) pour leur confier leurs destins.

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