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14 janvier 2007

Quand l’avenir n’est pas garant du passé

En 2007, Quelque part

Léa était de retour à la maison avec ses parents et s’était réfugiée rapidement dans sa chambre. Elle contemplait tristement ses poupées et surtout le vide laissé par l’une de ses préférées. De retour du Temple, où avait eu lieu la Cérémonie traditionnelle du don, elle avait dû céder au Prêtre, comme à chaque semaine, quelque chose qui lui tenait à coeur. Et pas question de tricher. Elle savait que sa santé était en jeu. Ça, elle le savait trop bien.

Paradoxalement, elle avait reçu la poupée qu’elle venait de donner quelques jours seulement auparavant lors de son anniversaire… comme un simple prêt à la bibliothèque. Elle avait tout de même souhaité recevoir cette poupée, même si elle savait qu’elle n’en profiterait que quelques jours. Elle augmentait ainsi d’autant plus ses chances de demeurer en bonne santé.

Léa ne pouvait s’empêcher de ressentir tout de même un peu de tristesse à la vue de sa chambre. De peur de s’attirer la malchance, elle n’oserait jamais montrer ce sentiment indigne à ses parents si généreux. Si généreux en effet, car eux donnaient au Culte une partie de leur revenu mensuel. Un léger supplément leur permettait même de « couvrir » la santé de leur proche. Oui, ses parents étaient très généreux envers le Culte Nod Gaia.

Janvier 1918, Ailleurs

Arrivée depuis seulement trois jours dans ce petit village, Tieibot Senez avait constaté tout de suite les ravages causés par la grippe espagnole. Ils s’étaient rapidement fait un devoir d’enseigner aux villageois la Voie de Marthe la Divine afin de les sauver. Dans leur désespoir, les villageois ne demandaient qu’à croire et commencèrent les offrandes que Tieibot Senez s’était offert à collecter et à enfouir pour eux. Une fois par semaine, les membres du village qui pouvaient se déplacer venaient se faire réconforter par la belle parole de celui qu’ils appelaient maintenant “mon Seigneur” et lui laissait ce qu’ils pouvaient en leur nom et au nom de leur proches malades.

Août 1768, Un autre endroit

Nicolare Rufude se sentait appelé par cette histoire extraordinaire. C’était même sa responsabilité en tant qu’écrivain de documenter l’enseignement de cette femme exceptionnelle qui avait changé la vie de tant de gens de la région. Grâce à son récit, qui franchirait les frontières de l’espace et du temps, de nombreux malades de tous les royaumes allaient recevoir un baume sur leur souffrance et peut-être même grâce à Marthe la planteuse connaître la Paix.

Même si tous laissaient croire que les miracles s’étaient produits il y a plus de 150 ans, il était prêt à fouiller toutes les archives et projetait même un pèlerinage là où tout s’était déroulé. Déjà que le bouche à oreille avait permis la survie de l’essentielle. Les versions qu’il entendait étaient à peu près toutes les mêmes:

Marthe la planteuse avait sauvé son fils d’une grave maladie en enfouissant des victuailles au pied d’un grand chêne. Puis avait continué à redonner à la Terre de cette façon pour continuer de prémunir son fils et ses co-villageois de la maladie. La nouvelle avait fait le tour de la région et on était venu de partout pour se faire guérir par Marthe la planteuse. Les témoignages de guérison étaient nombreux.

Printemps 1599, Non loin de l’autre endroit

Cela faisait plus d’un an que son fils était guéri de l’étrange mal qui l’avait atterré. Pourtant Marthe faisait encore régulièrement cet étrange rêve qu’elle croyait maintenant être une révélation. Selon son rêve, les humains étaient des enfants de la terre mais celle-ci avait décidé de rappeler le fils de Marthe à elle. Toujours dans son rêve, Marthe réussit à sauver sa progéniture en enfouissant de la nourriture dans le sol comme réussissant ainsi à assouvir l’appétit de la Terre-Mère.

Désespérée, et même apeurée, elle s’était levée subitement la première fois qu’elle fit se rêve, s’était précipitée sur la table pour y prendre des noix et était aller les enfouir derrière la chaumière au pied d’un grand peuplier. Elle avait recommencé cette routine tous les jours, en attirant par le fait même les regards des curieux. Au bout de 10 jours, la terre fut rassasiée et son fils fut guéri.

Jamais elle n’avait osé cesser les offrandes de peur qu’elle ou son fils tombe malade à nouveau. Puis, de nombreux autres villageois avaient commencé à l’imiter. Bien entendu, certains tombèrent quelquefois malade, plus ou moins gravement, mais on n’y vit qu’un appétit mal assouvi de leur Terre-Mère.

Bientôt des étrangers vinrent au village pour constater la Paix et la santé qui y régnait et pour recevoir de la bouche même de Marthe, que l’on appelait maintenant « la planteuse », son précieux enseignement.

6 janvier 2007

Comment un immigrant russe devint une inspiration pour faciliter l’intégration ethnique

Comme point de départ: le comportement idéal d’un robot. Point d’arrivée: l’intégration des communautés culturelles (c.-à-d. des immigrants) dans une nation.

En référence au titre de cet article, permettez-moi de faire entrer en scène un écrivain marquant du siècle dernier: Isaac Asimov. En plus de nombreux chefs-d’oeuvres de la littérature, nous lui devons les trois célèbres lois de la robotiques qui inspirent toujours, non seulement de nombreux écrivains de science-fiction, mais également de nombreux scientifiques et ingénieurs spécialistes de la science des robots. En effet, pourquoi se passerait-on du gros bon sens. Voici ces trois lois:

  • Première Loi : Un robot ne peut ni porter atteinte à un être humain, ni rester passif devant un être humain exposé à un danger.
  • Deuxième Loi : Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi.
  • Troisième Loi : Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi.

Vous vous dites que nous sommes loin du fil d’arrivée n’est-ce pas? Qu’il n’y a pas vraiment de liens entre ces trois règles simples et sans faille et l’intégration ethnique.

Et si on transposait le concept de “robot” par celui d’immigrant, celui d’”être humain” par celui de “culture de la nation hôte”, etc. et que nous modifions à peine ces trois lois. En fait, pour être plus juste, disons que nous allons nous en inspirer fortement.

Voici ce que ça donnerait:

  • Première Loi : Un immigrant ne peut ni porter atteinte à la culture de sa nation hôte, ni rester passif devant les attaques causées par d’autres cultures immigrantes.
  • Deuxième Loi : Un immigrant doit protéger sa culture dans la mesure où cette protection n’est pas en contradiction avec la Première Loi.
  • Troisième Loi : Un immigrant doit tout tenter pour s’intégrer à sa culture hôte sauf si certains gestes sont en contradiction avec la Deuxième Loi.

A l’heure des accommodements raisonnables, où nous ne savons plus où apposer nos limites, ça ne serait pas si mal comme guide, non? Bon ça fait un peu texte légale, mais ce n’est pas si sorcier. Rappelons toutefois que ce texte a été rédigé par un des hôtes et non par un immigrant.

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L’histoire a démontré à maintes reprises que toute société doit évoluer pour survivre, que ça soit par l’apport de membres voyageurs, ou par le sang neuf coulant de nos frontières. Tout est toutefois question de rythme.

Finalement, je vous laisse sur ces deux principes fondamentaux de la vie, qui, je crois, peuvent encore être transposés à l’intégration ethnique:

  1. un mariage où l’un des conjoints tente de changer l’autre ne dure jamais longtemps, et
  2. tout organisme vivant survit le plus longtemps dans la continuité, en subissant le minimum de chocs.

 

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