16 décembre 2006
Noël bleu - un conte de Noël
Lac Massawippi, Province (occupée…) de Québec, 24 décembre 2026
Hubert observait le soldat Nord-Coréen à quelques dizaines de mètres de lui sur la rive du lac. D’où il était, on aurait dit un simple piquet, une forme pas plus humaine que l’énorme tige du broyeur/malexeur qui se dressait au loin derrière le soldat, au milieu du lac. Un pieu au milieu de ses rêves…
Il était toutefois de plus en plus difficile de rêver avec le bourdonnement d’avions citernes venant périodiquement s’abreuver au lac. Les tourbillons causés par les pales des cinq broyeurs/malexeurs, martelant l’eau glacée du lac pour en empêcher la formation de glace, poignardaient le silence et ancraient Hubert dans sa triste réalité.
Il avait espéré trouver un peu de quiétude en cette veille de Noël là où, il n’y a pourtant pas si longtemps, son père lui avait lacé ses premiers patins. Il se rappelait également le bâton de hockey que son père lui avait offert en même temps que les patins et qui avait pendant longtemps jouée le rôle d’une troisième jambe. Puis c’était devenu quelques années plus tard une tradition; à chaque veille de Noël, lui et « sa gang » se donnaient rendez-vous au même endroit sur le lac pour improviser une partie de hockey.
Mais ce n’était plus possible depuis 5 ans. Le lac ne leur appartenait plus. Et pas question même de tenter un coup de patin en catimini. Le garde nord-coréen veillait.
« Pas moyens qu’ils prennent congé même à Noël ces nord-Coréens » se disait Hubert alors qu’un xième avion-citerne éclairait les nuages en s’approchant dans la nuit… Bah… les nord-Coréens auraient eux aussi sûrement préféré prendre congé, mais tout comme les canadiens, ceux-ci avaient une dette à remplir auprès du tout puissant propriétaire du Lac : le gouvernement chinois.
Hubert, comme plusieurs Québecois, n’avait jamais pardonné à Ottawa sa décision d’annuler une partie de la dette qu’avait accumulée le Canada envers la Chine en lui cédant une partie de sa précieuse eau douce. Depuis, combien de fois Québec aurait aimé revoir son virage vert d’il y a vingt ans, qui avaient fait par la suite de ses lacs d’une pureté exemplaire le choix évident des chinois…
- « Hubert! HU-BERT! », lui cria Marvel du chalet.
- « La dinde est ready. On wait pour toi. Tu come-tu? Ou tu continue à te freezer le derrière?»
… à suivre

16 décembre 2006 à 10:15 pm
jolie nouvelle ! un peu troublante même…
doit-on polluer plus nos lacs, question de les conserver ? ça mérite réflection !
19 décembre 2006 à 1:59 pm
Excellente perspective.A vendre pour même fin d’exploitation les lacs Bromont, Brôme,Rolen et Shelby et les autres qui subiront le même sort d’ici ce temps.
Avec la dégradation de la langue tel qu’anticipé, on pourra expliquer: ” ici y a no bactérie”