10 décembre 2006
Vente par culpabilité
Après le marché du CO2, un aussi sournois marché, TRÈS lucratif, est en train d’envahir notre économie: celui de la vente par culpabilité.
Bien que ce genre de vente soit répandu dans toutes les sphères ou pour toutes les clientèles, c’est dans le domaine des services aux enfants qu’il est le plus répandu.
Un example:
Notre fille suit un cours d’initiation à la musique. En fin de session, la directrice de l’école nous offre que notre fille, qui vient tout juste d’avoir 4 ans, participe à un gala de fin de session sous les conditions suivantes:
- Pour qu’elle puisse chanter ses chansons: $15$!!!
- Chaque adulte qui désire assister - Y COMPRIS LES PARENTS - : $15$ (x2 donc)
- Chaque enfant: $7$
Ça revient donc à $52 dollars pour que notre fille puisse chanter devant ses parents et son frère (de 2 ans)…
Ah oui, j’oubliais: il sera interdit de prendre des photos de l’événement. Un photographe et un vidéaste seront sur place pour immortaliser le tout et nous vendre le souvenir à GROS prix…
On se dit également que le gala en question aurait peut-être pu avoir lieu dans une salle communautaire au lieu d’un amphithéâtre de prestige. Mais c”est vrai que c’est plus payant de vendre des BMW que des Lada…
Notre voisine nous a raconté avoir retiré sa fille de son cours de ballet parce que des frais supplémentaires venaient s’ajouter pour le costume obligatoire, la participation au gala, le costume de gala, etc…!
En passant, nous n’aurons pas à nous poser la question à savoir si nous irons ou non avec notre fille audit gala, car notre fille et moi avons depuis très longtemps des billets pour une activité père-fille le même jour.
Ma conjointe et moi sommes toutefois maintenant conscientisés aux ventes où l’on joue sur les émotions et sur la culpabilité.
Notre réflexion:
- “Peut-on vraiment ne pas inscrire notre fille à un tel gala?”
- “Oui, mais ça sera un minimum de $30 dollars pour qu’un de nous deux soit présent…”
- “Mais notre fille ne vaut-elle pas plus que ça?…”
Et c’est en plein là que la directrice de l’école voulait nous amener. En passant, elle est prof de violon et semble être capable de l’utiliser pour faire son marketing.
Et c’est là que le consommateur doit utiliser une part de son raisonnement pour faire diminuer la part du marché du commerçant. Notre fille suit des cours de musique pour 1) développer son sens musical, 2) apprendre une nouvelle forme de discipline et 3) apprendre à se dépasser. Nous ne l’avons jamais inscrit en prévoyant une prestation sur scène. De toute manière, elle fait déjà ça à la garderie lors des spectacles biannuels, et ce GRATUITEMENT (pour l’instant)!
Que ça soit lors de l’achat de bijoux pour l’être cher, d’options lors de cours pour un enfant, d’achat d’arrangements funéraires suite au décès d’un proche, ou de tout autre achat “sentimental”, je me dit maintenant qu’il ne faut pas avoir peur d’affronter le jugement d’autrui… surtout lorsque l’autrui gagne sa vie en vidant nos poches.

11 décembre 2006 à 8:45 pm
Ces nombreux frais devraient être compris dans le prix de départ. Les charger ensuite, c’est un peu comme des frais cachés.
Mais comme tu dis, c’est un peu ca le marketing. C’est quand t’es deja le pied dans la place qu’ils peuvent faire le plus d’argent avec toi! Et j’imagine qu’ils en font! Les parents doivent se sentir obligé de participer à ce gala. C’est un peu comme la contuinité de leur investissement (même s’il n’en est rien)
11 décembre 2006 à 8:50 pm
mes enfants vont me trouver plate !
j’vais me battre pour pas tomber dans le piège…
11 décembre 2006 à 10:49 pm
Par rapport au commentaire de f., c’est ça le pire, j’ai pas l’impression que nos enfants trouvent ça plate si on ne crée pas d’attente. C’est certain que comme parent, on n’a pas le contrôle sur ce qu’un professeur peut présenter comme “possibilité” à notre enfant… On peut toujours changer d’école.