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26 novembre 2006

Confession d’un robot carbonique

Pardon maman. Pardon papa…

Pour toutes ces fois où je vous en ai voulu pour mes propres manquements… que je croyais être les conséquences d’une éducation imparfaite.

Maintenant que j’ai moi-même des enfants, et que je me contemple dans leurs comportements irréfutablement acquis, je commence sérieusement à douter que je ne suis que la somme de vos gènes, arrondie et canalisée par la merveilleuse éducation que vous m’avez donnée ou permis d’acquérir.

L’homme à cru longtemps être un Univers… puis à dû se restreindre par ses observations à n’en être que le centre. Quel choc quand il s’est rendu compte qu’il voyageait sur une grosse boule dans un énorme jeu de quilles!

Puis un deuxième choc, lorsque des preuves pesantes sont venues le réduire à un animal parmi tant d’autres.

Et si cet animal n’était en fait qu’une machine biologique programmée par des gènes. Si cette merveilleuse complexité qui me permet non seulement d’écrire ces lignes mais également de me poser ces questions ne serait le résultat que de la somme de quelques règles simples s’exprimant exponentiellement en apparente imprévisibilité.

Des recherches se font de plus en plus sur des systèmes incluant des règles simples à partir desquelles on tente de faire naître des créatures virtuelles autonomes. Évidemment, tout est question de définitions. Toutefois les résultats sont surprenants, même en ne considérant que des créatures virtuelles qui sont le résultat de règles très simples et ne pouvant se nourrir de stimuli comme nous. Alors imaginez les pouvoirs et la complexité d’un système résultant d’une longue, très longue évolution, et possédant 23 paires de chromosomes (qui dictent les règles), et 5 sens pour interagir avec son environnement!

Triste hypothèse?

Non… Jamais quand on peut replonger chaque instant son regard dans un Amour qui dépasse tous les mystères, quand nos enfants nous confrontent à nos propres limites et sont nos guides vers notre propre aboutissement, et quand nos sens, aussi mécaniques soient-ils renouvellent à chaque instant le bonheur d’être en vie.

19 novembre 2006

Prennons garde…!

Mercredi dernier ma conjointe, nos deux enfants et moi nous levons et déjeunons ensemble.
 

Bernadette (nom fictif) se lève et … on s’en fout.
 

Nous nous préparons selon un rituel plus ou moins ordonné et vers 8h30, ma conjointe et mes deux petits mousses me quittent pour la garderie (je travaille de la maison). Ils vont à la garderie à temps partiel car, de nos jours, c’est le seul endroit où ils peuvent trouver des amis avec qui jouer. (Dans notre voisinage, les deux membres de la plupart des autres couples travaillent et font donc garder leurs enfants…)
 

A cette heure là, Bernadette est assurément déjà arrivée à la garderie.
 

Vers 9h20 ma conjointe m’appelle de son portable pour me dire qu’elle a gardé notre fils de 2 ans avec elle. Ils feront donc les courses ensemble.
 

En effet, arrivée à la garderie, ma conjointe se dépêche de laisser notre fils à son éducatrice car ce matin, c’est cours de danse. Mais voilà, son éducatrice que notre fils aime bien (avec raison) n’est pas là aujourd’hui. Elle est remplacée par Bernadette…!
 

Selon ma conjointe, celle-ci était de présentation passable, assise sur une chaise sur le bas des reins à surveiller passivement les enfants… pendant que quatre petits bambins s’amusaient seuls, sans musique, sans lumière, sans participation de sa part, sans trop de stimuli quoi.
 

Non, il n’y avait pas question que notre fils s’accommode de Bernadette… même raisonnablement. Notre fils va à la garderie pour vivre des expériences qu’il ne peut vivre à la maison. Mais à son âge, une journée est trop précieuse et pour ne pas le « faire passer avec l’eau du bain » nous n’avons pas passé par-dessus nos préjugés.
 

Si je vous raconte ça, c’est que nous avons été témoins de quelques expériences de ce genre à la même garderie et avons entendu des histoires similaires à propos du même établissement ou de d’autres.
 

La question : Pourquoi y a-t-il tant de Bernadette dans le milieu des garderies, c.-à-d. des éducatrices remplaçantes ou permanentes non motivées et/ou incompétentes?
 

Bernadette était-elle fatiguée ce matin là? A-t-elle des problèmes personnels? Est-elle là par dépit? ON S’EN FOUT! Elle est payée pour faire un travail et un travail très très très important d’ailleurs.
 

Mais justement, les Bernadettes de ce monde sont-elles assez bien payées justement?
 

Il est intéressant d’utiliser les critères de Levitt et Dubner, les auteurs du Best-seller « Freakonomics » pour répondre à cette dernière question. Selon ces deux auteurs, les quatre critères suivant déterminent la rémunération d’un travail :
 

1.     Plusieurs personnes sont-elles prêtes et habilitées à effectuer le travail en question? Plus il y en a, moins le travail sera payant.
2.     Le travail demande-t-il des aptitudes ou des connaissances spécialisées? Plus c’est le cas, plus le travail sera payant.
3.     Le travail est-il déplaisant à effectuer (tâches ingrates, stress, responsabilités, etc.)? Plus c’est le cas, plus c’est payant.
4.     L’offre répond-elle à la demande? Si non, ça risque d’être assez payant.
 

Appliquons ces critères subjectifs au travail de Bernadette.


1.     Je crois que oui, plusieurs personnes sont habilitées à effectuer le travail d’éducatrice en garderie.
2.     À première vu, on serait porté à dire que non, qu’il ne faut pas d’aptitudes spécialisées ou spéciales pour ce genre de travail. Comment s’occuper d’enfants peut-il être si complexe? On ne parle même pas encore d’enseignement ici…! Et bien je crois que c’est en partie là que certains se trompent. Encadrer, stimuler et éduquer des bambins âgés entre 6 mois (et oui il y en semble-t-il qui OSENT ou qui n’ont pas le choix de laisser leur bébé de cet âge à des étrangers) et 5 ans demandent non seulement des connaissances, une imagination, de grandes qualités, mais également…
3.     …une énergie débordante, sans parler pour certaines le fait qu’elles ou qu’ils doivent changer les couches et nettoyer toutes les parties du corps d’enfants qui ne sont pas les leurs. Ça ne doit pas être toujours plaisant!
4.     Je crois que, curieusement, s’il y a un problème du côté de l’offre et de la demande, c’est au niveau des éducatrices compétentes.
 
 

Considérant les points 2 et 3, il m’apparaît clair que les éducatrices en garderie sont sous payées. Il semble en résulter un manque de compétence (voir point 4), certainement pas généralisé, mais assez répandu pour nuire à la réputation de toutes et surtout au système en entier.


Les vraies bonnes éducatrices se font trop rares, il y a trop de roulement, trop d’absentéisme, et des Bernadette risquent (ou réussissent malheureusement) de gâcher la journée (…et même marquer plus profondément) de petits garçons et de petites filles.
Malheureusement, certains n’ont pas la chance de notre tout petit d’avoir une bonne éducatrice régulière… et de pouvoir rester avec maman quand une « gardienne de sécurité » apparaît dans son groupe pour jouer le rôle d’éducatrice.

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